Saturday , October 24 2020
Home / ARTIFICIAL INTELLIGENCE / 37 entraîneurs professionnels de « Counter Strike » sanctionnés pour triche

37 entraîneurs professionnels de « Counter Strike » sanctionnés pour triche

Un grand nombre de sanctions ont été prises par un organisme indépendant à l’encontre de professionnels de l’e-sport – le jeu vidéo pratiqué de manière compétitive – après une enquête ayant révélé des cas de triche lors de compétitions. Les sanctions ont été annoncées mardi 29 septembre par l’Esports Integrity Commission Findings (ESIC), une association luttant contre la triche dans l’e-sport.

L’ESIC a recommandé des sanctions contre 37 entraîneurs d’équipes de Counter Strike : Global Offensive, le jeu de tir le plus populaire de la scène e-sport, édité par Valve. Parmi les entraîneurs concernés, on trouve notamment Nicolai Petersen, surnommé « Hunden », dont l’équipe Heroic a remporté cet été l’ESL One de Cologne, une des plus prestigieuses compétitions de Counter Strike. Tournoi au cours duquel aucune suspicion de triche n’avait pesé sur l’entraîneur.

Tous les entraîneurs sanctionnés seront interdits de compétition pendant une durée allant de cinq mois à trois ans, selon le nombre de cas de triche détectés. La sanction s’appliquera automatiquement pour les compétitions gérées par ESL et DreamHack, les deux plus gros organisateurs de tournois de Counter Strike au monde, et partenaires officiels de l’ESIC. L’organisme non lucratif a par ailleurs appelé les organisateurs non membres à appliquer ces sanctions sur tous leurs tournois à venir.

Un bug qui permettait d’espionner les joueurs adverses

Les entraîneurs sanctionnés ont, après enquête de l’ESIC, tiré profit d’une faille dans le jeu appelée « Spectator Bug ». Lors des matchs professionnels, les coachs peuvent en effet regarder en direct les joueurs de leur équipe pour les conseiller ou observer leur tactique. Mais un bug leur permettait de placer la caméra de manière à suivre également les mouvements de l’équipe adverse, ce qui est interdit. Counter Strike : Global Offensive est un jeu nerveux et très tactique dans lequel les réflexes, la précision et le placement des joueurs sont cruciaux pour remporter la victoire.

Des signalements relatifs à cette faille avaient déjà été émis en 2017, et l’éditeur du jeu, Valve, a corrigé le bug le 3 septembre 2020, selon Michal Slowinski, l’arbitre d’e-sport qui a découvert la faille.

L’ESIC a pour le moment analysé près de 20 000 vidéos de compétitions, avec des matchs remontant jusqu’à 2018. La potentielle complicité des joueurs n’a pas encore été éclaircie par l’organisme.

Enjeux financiers

La triche est un sujet observé de très près dans l’e-sport, puisque tous les grands éditeurs de jeux et les organisateurs de tournois utilisent non seulement des arbitres présents sur la scène et surveillant les joueurs, mais aussi des logiciels qui détectent toute activité anormale, comme l’utilisation d’un logiciel frauduleux.

Les enjeux sont également financiers dans cette industrie en pleine croissance, car certaines compétitions proposent à la clé des récompenses parfois très élevées. Par exemple, l’équipe qui remportera la prochaine édition de l’Overwatch League – une compétition très prestigieuse concernant un autre jeu de tir – se partagera une récompense de 1,5 million de dollars. Côté Counter Strike, les gagnants du dernier Intel Extreme Masters ont remporté 250 000 dollars.

En novembre 2019, un célèbre joueur de Fortnite, Faze Jarvis, avait été banni à vie du jeu après avoir utilisé un logiciel de visée automatique (qui permet de cibler les adversaires plus facilement) lors d’une partie qu’il filmait lui-même. Il n’a désormais plus le droit de jouer à Fortnite, l’un des jeux en ligne les plus populaires du monde.

Le Monde

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *