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« Arvind Krishna a la lourde tâche de tirer IBM du monde du sommeil profond »

Pertes et profits. On ne rappellera jamais assez l’influence de l’Inde sur l’informatique américaine. Elle a fourni les bataillons d’opérateurs aux grandes heures de la mondialisation des services et, désormais, elle alimente le pays en PDG. Trois des plus prestigieuses entreprises informatiques des Etats-Unis sont dirigées par des diplômés des nombreux instituts indiens de technologie – Sundar Pichai, le PDG de Google, Satya Nadella, celui de Microsoft, et Arvind Krishna, celui d’IBM. Comme un besoin vital de sang neuf.

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M. Krishna est le plus récent et il a hérité de la tâche la plus lourde. Intronisé PDG d’IBM en avril 2020, en plein confinement, il doit sortir la plus ancienne entreprise informatique du monde du sommeil profond dans laquelle elle est plongée depuis près de deux décennies.

Sa première grande décision a été annoncée jeudi 8 octobre. Il va couper l’entreprise en deux, en se séparant de son activité de services d’infrastructures, qui représente, à elle seule, près de 19 milliards de dollars (16,2 milliards d’euros) de chiffre d’affaires et 90 000 personnes. Un virage stratégique majeur, destiné à focaliser la société sur le nouveau Graal de l’informatique, le cloud computing. Cette informatique en réseau permet aux entreprises de ne plus avoir de gros ordinateurs dans leurs locaux et d’utiliser les logiciels comme de simples services Web.

Manque d’agilité

Cette révolution fondamentale est un nouveau choc pour IBM, qui s’est enrichi grâce à la vente, à l’installation et à l’entretien de machines et de logiciels dans les entreprises. Il faut, à la place, investir lourdement dans de gigantesques centres de données répartis dans le monde et hébergeant les informations et services des clients.

Dès le début des années 2000, celle qu’on appelle « Big Blue » avait anticipé cette évolution, mais pas son timing et ses conséquences. Résultat, ce sont de nouveaux acteurs comme Amazon ou Google qui ont prospéré, suivis de Microsoft, l’ancien rival d’IBM au temps des PC, qui, sous la férule de Satya Nadella, a pris le virage bien plus tôt.

En 1990, au bord du gouffre, IBM a été sauvé par un banquier, Louis Gerstner, qui lui a fait prendre le virage des services

C’est le drame éternel de « Big Blue », cette armée d’ingénieurs disciplinés en costume-cravate, dont les origines remontent à 1886, qui a tout inventé, du plus gros ordinateur au plus petit, qui a conquis la planète la première, pressenti avant les autres la révolution Internet, acheté des milliers d’entreprises, et a manqué, au niveau interne, de l’agilité nécessaire pour suivre la course des start-up californiennes. En 1990, au bord du gouffre, elle a été sauvée par un banquier, Louis Gerstner, qui lui a fait prendre le virage des services. Elle tente l’inverse aujourd’hui, pour prouver une fois de plus qu’elle n’a pas l’âge de ses artères.

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