Wednesday , October 21 2020
Home / ARTIFICIAL INTELLIGENCE / Avec le Covid, les éditeurs de cinéma réclament des mesures d’urgence contre le piratage

Avec le Covid, les éditeurs de cinéma réclament des mesures d’urgence contre le piratage

C’est un cri du cœur. « Le piratage des films est devenu pour nous inacceptable et intolérable », affirme Victor Hadida, président de la Fédération nationale des éditeurs de films (FNEF) qui représente 80 % des distributeurs. « Pour que le plan de relance du gouvernement en faveur de la culture soit efficace, il faut lutter contre ce fléau », assure-t-il au Monde, le 25 septembre. En ajoutant : « Il est impossible de remplir un verre avec un fond troué ». D’autant plus que la révision de la loi audiovisuelle qui prévoyait des mesures contre les fraudeurs est tombée aux oubliettes.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : l’été meurtrier du cinéma français

Pourtant, le nombre de pirates a considérablement baissé. Nicolas Seydoux, président de l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA) se félicite qu’ils aient diminué de moitié en cinq ans. Ils représentaient, en juillet, 8 millions d’internautes (contre 16 millions lors du pic en 2015). Pendant le confinement, ces pratiques ont certes connu un regain si bien que la moyenne des sept premiers mois de l’année se situe à 9,4 millions de fraudeurs mensuels. « Il a fallu attendre les jurisprudences de 2016 pour que les mesures contre les sites illégaux commencent à être efficaces », explique M. Seydoux. Il s’agace toutefois qu’« Orange – dont l’Etat est le premier actionnaire – soit toujours complice de téléchargements illégaux » et appelle à des sanctions.

« C’est déjà intolérable »

« Huit millions de fraudeurs par mois, cela représente 96 millions par an, calcule Victor Hadida. Dans un marché de 200 millions d’entrées en salle par an, c’est déjà intolérable. » Mais la fréquentation est tombée à 50,83 millions de spectateurs fin août (– 63,5 % par rapport aux huit premiers mois de 2019) en raison du Covid-19. Il milite donc pour simplifier les actions judiciaires à l’encontre des sites récidivistes, avec une « injonction dynamique » qui permettrait d’intervenir plus rapidement, sans renouveler la procédure judiciaire, en cas de réapparition de contenus illicites déjà sanctionnés par un juge. M. Hadida demande aussi que l’actuel système de réponse graduée de l’Hadopi, l’autorité en charge de la lutte contre le piratage en ligne, puisse se clôturer par une sanction des fraudeurs. « Une amende, même minime, de 10 à 30 euros, appliquée au consommateur final aurait une vertu pédagogique », assure-t-il.

Les avertissements envoyés aux internautes fraudeurs par l’Hadopi ne sont, en effet, quasiment jamais suivis de condamnations : 128 ont été prononcées en 2019 sur 620 000 premiers avertissements. Un amendement au projet de loi sur l’audiovisuel proposé par la députée Aurore Bergé (La République en marche) visait à infliger 350 euros d’amende aux pirates. Lassée par « la démagogie et la frilosité bien trop grandes » vis-à-vis de « ce vol caractérisé », elle a précisé, le 23 septembre à l’occasion du 75e congrès des exploitants à Deauville, qu’elle ne « lâchera pas la lutte contre le piratage ».

Il vous reste 40.99% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *