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Casser « Big Tech »

Chronique. Ebullition dans la Silicon Valley, en Californie. Après seize mois d’enquête sur les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple), la sous-commission antitrust de la Chambre des représentants a rendu ses conclusions, le 6 octobre. Un rapport établi au terme de centaines d’heures d’entretiens avec 240 acteurs de l’économie numérique, après consultation de « 1 287 000 documents », dont des courriels internes des dirigeants. Et sept auditions publiques, dont l’une – par visioconférence – avec l’homme le plus riche du monde, Jeff Bezos, et ses « coaccusés » Mark Zuckerberg, Sundar Pichai et Tim Cook (respectivement PDG de Facebook, Google et Apple).

L’historien de l’antitrust Matt Stoller, qui a passé une journée entière à lire le texte, a été impressionné. Lui qui reproche souvent à l’establishment démocrate d’être prompt à composer avec le grand capital (Barack Obama n’étant pas le dernier à ses yeux), y a vu un événement majeur susceptible de « préluder à une réorganisation d’envergure de l’économie » américaine. « J’ai lu un tas de rapports rédigés par tout un tas d’autorités de régulation mondiales, écrit-il dans sa lettre d’information. Celui-ci est de loin le plus clair et le plus agressif ».

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La sous-commission Cicilline, du nom de son président le démocrate David Cicilline, du Rhode Island, affirme que les GAFA sont des monopoles qui abusent de leur position dominante : à eux seuls, les quatre géants ont acquis plus de 500 sociétés depuis 1998. Ils ont « un pouvoir trop grand » qu’il est urgent de contrôler. « Notre économie et notre démocratie en dépendent », écrit la commission qui reproche aux autorités de régulation, sous Barack Obama comme sous Donald Trump, d’avoir failli à leur mission antitrust.

Le rapport ne fait pas 450 pages pour rien. Il entre jusque dans le détail sur la manière dont les plates-formes ont étendu leur sphère d’influence « par une combinaison de lobbying et de financement de think tanks et d’universitaires ». Il note aussi les manœuvres d’intimidation et la crainte de représailles dont ont fait état nombre de petits acteurs du secteur s’ils témoignaient publiquement des pratiques prédatrices d’Amazon et consorts.

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En conclusion, la commission préconise, non seulement de démanteler les géants – le fameux « break up » cher à Elizabeth Warren et à la gauche démocrate –, mais aussi de moderniser l’arsenal législatif antitrust, et de rendre aux citoyens qui s’estiment victimes de monopoles le pouvoir de saisir eux-mêmes la justice.

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