Sunday , September 20 2020
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Comment Apple a atteint une valorisation boursière record

Seul le géant saoudien du pétrole Aramco avait déjà franchi brièvement ce cap : l’entreprise informatique américaine Apple a vu sa capitalisation boursière dépasser les 2 000 milliards de dollars (1 688 milliards d’euros) pendant la séance du 19 août.

Depuis que Tim Cook, 59 ans, a succédé en 2011 à son fondateur l’emblématique Steve Jobs, la valeur d’Apple, qui avait franchi le cap du milliard en août 2018, a presque sextuplé. Le franchissement de ce seuil confirme en pleine pandémie du Covid-19 la force extraordinaire des firmes numériques américaines. L’entreprise, qui a réalisé depuis un an 58 milliards de profits net pour un chiffre d’affaires de 274 milliards de dollars, vaut plus que toutes les entreprises du CAC40 réunies. Elle est suivie par Amazon et Microsoft (1 600 milliards de dollars chacune), Google (1 000 milliards) et Facebook (750 milliards).

Des explications techniques

Depuis le plus bas touché par la Bourse en mars 2020, ces cinq entreprises, les GAFAM, ont vu leur valeur en Bourse progresser de 3 000 milliards, autant que les cinquante plus grosses capitalisations américaines suivantes. Il y a des explications techniques à cette envolée : la baisse des taux d’intérêt par la Fed, la force de la tech pendant la pandémie et la recherche de valeurs sûres par les investisseurs, ce qui fait battre des records à la Bourse américaine en dépit de la récession. Les GAFAM représentent désormais le quart de l’indice de référence S&P 500 et expliquent largement sa hausse.

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L’affaire suscite des commentaires sceptiques du New York Times : « La progression rapide d’Apple vers les 2 000 milliards de dollars est d’autant plus extraordinaire qu’elle n’a pas fait grand-chose depuis deux ans. Elle a simplement construit une des machines à cash les plus efficaces de l’industrie technologique, qui a une telle emprise sur la manière dont les gens communiquent, se distraient et achètent qu’elle ne s’appuie plus sur des innovations radicales pour faire prospérer ses affaires. »

Ce « pas grand-chose » est décisif, comme l’explique le Wall Street Journal dans un portrait consacré à Tim Cook. A Steve Jobs, l’homme produit, génial inventeur du Mac et de l’iPhone, a succédé celui qui savait bâtir un écosystème autour des produits. « C’est ce que les gens ne comprennent pas : le changement graduel est révolutionnaire pour Apple », a confié au WSJ un ancien de la maison, Chris Deaver. « Je savais qu’il fallait surtout que je ne cherche pas à mimer SteveJobs », déclara en 2017 M. Cook, qui surprit ses troupes en n’assistant pas à toutes les réunions produits. Peu de produits d’ailleurs : la smartwatch réalise certes un chiffre d’affaires supérieur à l’horlogerie suisse, les AirPods occupent la moitié du marché mondial des écouteurs, mais ensemble, ils ont représenté 24,5 milliards de dollars de ventes, moins que le record atteint par l’iPad (32 milliards), le dernier produit de Steve Jobs.

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