Sunday , September 27 2020
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De Twich à TikTok, Mélenchon séduit sur les réseaux sociaux

La scène est surprenante. Jean-Luc Mélenchon est devant la station de métro parisienne République. Il montre le panneau du doigt et revient à lui comme pour dire : « La République, c’est moi. » Manière humoristique de retourner le stigmate de son célèbre coup de sang d’octobre 2018, lors des perquisitions à son siège. Puis il enchaîne : « Il t’appelle pour ton bac. Toi, tu parles à Macron ? Et moi je m’appelle Mélenchon. Tu hors de ma vue ! Va voir ton Parcoursup ! »

Cette vidéo publiée sur le réseau TikTok (où les utilisateurs partagent de courtes vidéos) a marqué les esprits : elle a réuni plus de quatre millions de vues. Jean-Luc Mélenchon, 68 ans, réussit à parler des problèmes de Parcoursup tout en citant la chanteuse Wejdene et son titre « Anissa » qui a connu un succès phénoménal justement sur TikTok, et dont le gimmick est ce « Tu hors de ma vue ». En ce début juillet, M. Mélenchon répondait surtout au président de la République, Emmanuel Macron, qui venait de publier un message sur ce réseau social très prisé des adolescents, pour féliciter les nouveaux bacheliers. Dans la même période, le député des Bouches-du-Rhône a donné deux directs sur Twitch, une plate-forme à l’origine dédiée aux jeux vidéos. Aussi bien là que sur TikTok, le leader de La France insoumise (LFI) a réussi son pari.

Page d’accueil deu compte de Jean-Luc Mélechon sur le reseau Tiktok.

« 3615 Tonton »

Ces interventions ne doivent rien au hasard. Depuis toujours Jean-Luc Mélenchon est un « geek », très au fait des nouvelles technologies. Ce féru de science-fiction aime maîtriser les nouveaux outils de communication. Il fut l’un des premiers politiques à utiliser le minitel avec son « 3615 Tonton » pour favoriser la candidature de François Mitterrand en 1988. Bien plus tard, quand il sera affranchi du Parti socialiste, il lancera son blog qu’il alimente toujours aujourd’hui. Et lorsqu’il se lancera lui-même dans les campagnes présidentielles de 2012 et 2017, il investira Facebook, YouTube ou encore Twitter. Par ailleurs, il crée de nombreux médias plus classiques comme l’Insoumission.fr, un site qui agrège les contenus LFI, ou le Monde en commun, « un média internationaliste, d’actualités, d’analyses et de mobilisations ». En résumé, il crée une marque politique globale qui se décline sur une multitude de supports.

« En 2012, c’était Facebook et Twitter. Au début il ne comprenait pas l’intérêt de Twitter. Mais il savait déléguer et écouter ses équipes, se rappelle un bon connaisseur de la mélenchonie qui souhaite rester anonyme. Il est friand de toutes les technologies. Il pense que ce sont les nouvelles armes, que les réseaux sociaux sont moins manipulés. Ça rentre dans son analyse des “médias ennemis de classe”. Surtout, il est entouré d’une équipe extrêmement jeune, ça lui permet de rester en pointe. Il a donc l’appétence et l’environnement. »

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