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En excluant Huawei de ses réseaux 5G, Londres enterre l’« âge d’or » des relations avec Pékin

Inauguré, en 2015, par l’ex-premier ministre David Cameron, l’« âge d’or » des relations sino-britanniques est décidément terminé. Le gouvernement Johnson a pris une décision radicale, mardi 14 juillet, en confirmant qu’il allait totalement bannir le géant chinois Huawei des réseaux de téléphonie mobile 5G du Royaume-Uni. L’éviction se déroulera en deux étapes : à partir du 1er janvier 2021, les opérateurs n’auront plus le droit d’acheter de matériel Huawei pour leurs réseaux de nouvelle génération. Et ils auront jusqu’à la fin 2027 pour remplacer les machines et logiciels 5G installés avant le 31 décembre.

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« Cette décision n’a pas été facile à prendre, mais il s’agit d’assurer la sécurité à long terme de nos réseaux, nous ne la compromettrons jamais au profit d’intérêts économiques » a précisé le secrétaire d’Etat au numérique, Oliver Dowden. Les réseaux 3G et 4G ne sont pas concernés, a t-il précisé depuis la Chambre des communes. En janvier, le premier ministre avait pourtant autorisé la présence de matériel Huawei dans les réseaux 5G à hauteur de 35 % maximum des achats globaux de matériel par les opérateurs, et à condition que ces derniers ne les installent que dans les parties les moins sensibles de leurs infrastructures.

Mais, en mai, Washington a interdit à la firme de Shenzhen de se procurer des microprocesseurs d’origine américaine, et « cela a changé la donne », explique t-on à Londres. L’agence nationale de cybersécurité (un département des services de renseignement britanniques) s’est immédiatement mise au travail et ses experts ont conclu que Huawei devrait se fournir auprès de fournisseurs jugés moins fiables et qu’en conséquence, « il n’est plus possible de garantir la sécurité des futurs équipements Huawei ».

« La politique britannique est dictée par l’administration Trump »

Le groupe chinois a jugé la décision de mardi « politisée » et « décevante ». Devenu, ces dernières années, un acteur de tout premier plan, Huawei s’est toujours défendu d’être contrôlé par le gouvernement chinois et de représenter une menace quelconque pour les Etats occidentaux (cybersurveillance, cyberattaques). « La politique britannique est dictée par l’administration Trump : le pays n’est-il donc pas capable de choisir sa propre stratégie télécoms, dans cette ère post-Brexit ? », tweetait, début juillet, Paul Harrison, le porte-parole de l’équipementier au Royaume-Uni.

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