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« En matière de numérique, c’est la France qui fait figure de pays sous-développé »

Pertes & profits. Et le numérique dans tout ça ? Priorité de « Macron 1 », elle semble avoir disparu de l’agenda de « Macron 2 ». Si le gouvernement de Jean Castex a promu au rang de ministre des domaines importants comme l’industrie ou les PME, pas un mot sur ce qui restera le phénomène économique majeur de la crise sanitaire que nous traversons, le basculement accéléré vers la société numérique. Comme le souligne l’association de start-up France Digitale, « la France vient de vivre le plus grand moment de transformation numérique de son histoire et les usages numériques développés pendant la période de confinement ont conforté la supériorité des solutions extra-européennes ».

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Comme ce fut longtemps le cas pour l’environnement, cette matière est trop technique et insuffisamment politique pour soulever l’enthousiasme d’un gouvernement manifestement obnubilé par la question sociale. Pourtant, pas de relance de long terme sans décollage numérique. C’est ce qu’a compris la Chine et, plus généralement, une grande partie de l’Asie. En la matière, c’est l’Europe, et particulièrement la France qui fait figure de pays sous-développé, comme en témoigne le classement des principales capitalisations boursières mondiales majoritairement trusté par les sociétés de technologies américaines et chinoises.

Elitisme à la française

Dans son dernier billet, l’essayiste et entrepreneur Nicolas Colin pointe la responsabilité de l’élitisme à la française : un mode de sélection tourné vers le diplôme et qui fige les situations dès l’âge de 21 ans, que ce soit dans le public ou le privé. Exemple caricatural, Emmanuel Macron, Edouard Philippe et Jean Castex sont issus des trois corps les plus prestigieux accessibles chaque année aux 15 meilleurs de l’ENA : l’inspection des finances, le Conseil d’Etat et la Cour des comptes. Une situation qui encourage la connivence entre l’Etat et les milieux d’affaires et ne pousse ni à l’ouverture, ni à la prise de risque entrepreneurial. Ni à l’humilité. Or celle-ci devrait nous pousser à nous inspirer de l’exemple asiatique qui a su, en un quart de siècle, rattraper son retard technologique sur les Etats-Unis. Sa méthode, assise sur le soutien à l’export des entreprises de technologies les plus talentueuses et sur le contrôle des capitaux domestiques pour les obliger à être investit sur place, a fait le succès du Japon, de la Corée, de Singapour et de la Chine. La France doit inventer sa propre recette, avec l’aide de l’Europe, mais pour cela retrouver une valeur trop souvent oubliée, la modestie.

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