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En Thaïlande, le gouvernement coupe l’accès à un important groupe Facebook prodémocratie

Facebook va « contester » en justice un ordre du gouvernement thaïlandais qui l’a « obligé » à fermer l’accès à un groupe très populaire consacré au mouvement prodémocratie en cours dans le royaume. Le groupe privé en question, Royalist Marketplace, créé au mois d’avril, compte plus d’un million de membres. Il est toujours accessible depuis la France, d’après les constatations du Monde, mais il ne l’est plus depuis le territoire thaïlandais.

Facebook a été « obligé » de prendre cette décision de filtrage, sur injonction du gouvernement thaïlandais, a expliqué un porte-parole de Facebook à l’Agence France-Presse (AFP). Le réseau social, qui juge cette demande abusive, considère que les demandes comme celles-ci « contreviennent au droit international (…). Nous travaillons pour protéger et défendre les droits de tous les internautes et nous nous préparons à contester légalement cette demande », a-t-il ajouté sans davantage de précisions.

Mouvement prodémocratie

Pavin Chachavalpongpun, l’administrateur du groupe, qui est un activiste thaïlandais en exil au Japon, a, cependant, dénoncé l’attitude de Facebook. Interrogé par l’AFP, il explique que la fermeture du groupe montre que Facebook travaille à « promouvoir l’autoritarisme » en Thaïlande et « approuve la tactique du gouvernement en matière de censure de l’information ». Ceci, alors que le groupe Facebook avait permis, selon lui, de « véritables discussions » sur la monarchie, son rôle et les pistes de réformes.

Ce groupe avait été notamment actif alors qu’une série grandissante de manifestations agite la Thaïlande depuis le mois de juillet contre le gouvernement, jugé illégitime, mais aussi la monarchie, sujet jusqu’ici tabou. La loi thaïlandaise punit de façon particulièrement sévère la « diffamation » à l’encontre de la famille royale, avec une peine pouvant aller jusqu’à quinze ans de prison.

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Avec une fortune estimée à 60 milliards de dollars, le monarque Maha Vajiralongkorn, appelé Rama X, a, depuis son accession au trône en 2016, apporté des changements sans précédent à la gouvernance du pays en prenant le contrôle direct des actifs royaux et en plaçant des unités de l’armée directement sous son commandement.

Les manifestants thaïlandais, prenant pour modèle les jeunes Hongkongais, s’en prennent aussi au premier ministre Prayut Chan-o-cha, ancien chef de l’armée, auteur d’un coup d’Etat en 2014, qui s’est maintenu au pouvoir à la suite d’élections contestées en 2019. Les manifestants réclament sa démission, la dissolution du Parlement et la réécriture de la Constitution de 2017 qui donne un pouvoir très large aux 250 sénateurs, tous choisis par l’armée.

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En Inde, Facebook fait également l’objet d’une enquête parlementaire, après les révélations du Wall Street Journal. Le quotidien américain avait publié la semaine dernière une enquête montrant qu’un élu du parti au pouvoir avait pu conserver son compte sur la plate-forme, malgré la publication de nombreux appels à la haine.

Le Monde avec AFP

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