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Face à Amazon ou à Google, les premiers pas timides du « cloud européen »

Le ministre français de l’économie, Bruno Le Maire (à droite), écoute son homologue allemand, Peter Altmaier, lors d’une visioconférence consacrée au projet Gaia X, à Paris, le 4 juin. Christophe Ena / AP

« Nous ne sommes pas les Etats-Unis, nous ne sommes pas la Chine, nous sommes l’Europe », a lancé le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, jeudi 4 juin, lors du lancement de Gaia-X, un projet franco-allemand « d’infrastructure de données européenne ». Au nom de la « souveraineté », l’idée est d’apporter une réponse à la domination, par des acteurs américains et chinois, du secteur stratégique de l’hébergement de données en ligne dans le « cloud ».

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Mais cet « Airbus du cloud » – selon l’expression de l’homologue allemand de M. Le Maire, Peter Altmaier – n’a pas pour vocation de créer un concurrent capable de rivaliser avec Amazon, Microsoft, Google ou Alibaba, comme le constructeur d’avions adversaire de Boeing. L’initiative est plutôt une coopération d’acteurs européens existants. Et un label promouvant « les principes d’ouverture, d’interopérabilité, de transparence et de confiance », un peu à l’image du Règlement général sur la protection des données (RGPD) pour le respect de la vie privée. Ce standard sera disponible « début 2021 ».

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Concrètement, Gaia-X sera une structure à but non lucratif installée en Belgique. Ses 22 premiers membres sont des grandes entreprises françaises et allemandes, soit fournisseurs de solutions d’hébergement et de logiciels, soit clientes de ces services : Orange, Deutsche Telekom, Bosch, Siemens, Atos, OVHcloud, Scaleway (filiale cloud d’Iliad, fondée par Xavier Niel, actionnaire à titre individuel du Monde), BMW…

« Transparence »

Le « label » Gaia-X imposera aux hébergeurs de permettre l’interopérabilité et la portabilité des données, afin d’éviter que les clients soient « enfermés » avec un prestataire unique. Le but est de favoriser les stratégies multifournisseurs, avec la possibilité de dissocier l’hébergement de données et les services en ligne. Le standard exigera aussi de la « transparence », notamment sur un point crucial : la soumission à des lois extraterritoriales comme le Cloud Act, qui permet à la justice des Etats-Unis de perquisitionner des données partout dans le monde si elles sont hébergées par une entreprise américaine.

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Ces conditions visent à favoriser les prestataires européens. Mais les géants américains pourront probablement les remplir et figurer dans le catalogue d’offres « Gaia-X ». D’ailleurs, Amazon participe aux discussions sur le label. Tout comme Google. « Nous apportons notre expertise sur les standards de sécurité et de confidentialité des données les plus élevés, qui fonctionnent dans tout type d’environnement cloud et qui mettent le contrôle des données directement entre les mains des clients », se réjouit le groupe qui, à l’instar d’Amazon, dit laisser le choix à ses clients en cas de requête extraterritoriale. Le débat sur la souveraineté européenne dans le cloud n’est pas encore clos.

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