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Facebook et Twitter bloquent une opération d’influence reposant sur un « média indépendant » attribuée à la Russie

Facebook et Twitter ont annoncé mardi 1er septembre avoir démantelé une nouvelle opération d’influence en ligne aux Etats-Unis, attribuée à la Russie. La campagne était d’ampleur modeste, mais son mode opératoire notable : elle passait par un site se présentant comme un média d’information, qui cherchait à recruter des journalistes américains.

Treize pages et comptes ont été supprimés par Facebook, et cinq par Twitter, après un signalement du FBI sur le sujet. Les deux réseaux sociaux ont attribué cette campagne à « l’Etat russe ». Facebook a évoqué plus précisément la responsabilité de l’« Internet Research Agency » (IRA) ; un rapport des chercheurs de l’entreprise Graphika, spécialisée dans l’analyse des réseaux sociaux et des opérations de désinformation, aboutit à la même conclusion. Cette agence est accusée d’avoir animée une campagne anti-Clinton et pro-Trump massive aux Etats-Unis en 2016.

Photos de profil créées artificiellement

D’après Facebook, les comptes et pages mis en cause et désactivés étaient surtout suivis dans des pays arabes. Ils n’avaient que 14 000 abonnés, dont seulement 200 Américains sur la page en anglais. L’essentiel de la campagne consistait surtout, à ce stade, en un site se faisant passer pour un média indépendant, baptisé PeaceData (« données de paix »). Il publiait et diffusait des articles ciblant les sensibilités de gauche sur la corruption, le réchauffement climatique, les droits humains et, en général, sur des « sujets qui sont cachés au grand public ».

Toujours en ligne, le site a réagi aux annonces de Facebook et Twitter, et aux articles liés, avec un article affirmant être victime d’une « campagne mensongère » orchestrée par les « grands médias et leurs maîtres ».

Les comptes désactivés par Facebook et Twitter semblaient liés, dans leur présentation, à l’équipe de PeaceData – mais étaient en réalité de faux comptes. « Ils ont considérablement investi dans la création de faux individus, avec une personnalité et des photos de profil, pour leur donner une apparence légitime et réelle », a expliqué Nathaniel Gleicher, le directeur des règlements sur la sécurité de Facebook, lors d’une conférence de presse.

Dans leur rapport, les chercheurs de Graphika donnent des exemples de faux comptes, désactivés depuis, dont les photos ont vraisemblablement été créées par des logiciels spécifiques – ce qu’a détaillé Ben Nimmo, chercheur de Graphika sur son propre compte Twitter.

Critiques des pays occidentaux et de « l’impérialisme » français en Afrique

Contrairement à d’autres campagnes d’influence de ce type, qui sont généralement alimentées par des employés de services de renseignement ou de sociétés qui en sont proches, celle-ci fonctionnait par le biais de pigistes américains, qui pensaient avoir été recrutés par un site d’information engagé et authentique. « Il n’y a aucune indication que les pigistes n’étaient pas sincères dans leur travail de rédaction », remarque Graphika, dans son rapport.

Selon ce document, les articles qui attaquaient aussi bien les politiques de droite que de centre gauche révèlent « une tentative d’attirer un plus gros public démocrate pour de futures opérations de manipulation »« Cela concorde avec les tentatives passées de l’IRA d’affaiblir les soutiens pour la candidate démocrate en 2016, Hillary Clinton, en infiltrant des audiences de gauche », ont-ils ajouté.

Les articles en arabe portaient principalement sur des violations des droits humains par des pays occidentaux, les guerres au Moyen-Orient et la corruption. Certains articles attaquaient aussi la France et le président Emmanuel Macron, les accusant d’une approche « impérialiste » en Afrique, détaillent-ils.

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Le Monde avec AFP

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