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“Il n’y a pas de limites” mais l’Arcep espère que les opérateurs “vont garder un peu d’argent pour investir dans les réseaux”

Les enchères pour l’attribution des fréquences de la 5G débutent mardi 29 septembre en France. Les premières commercialisations des services sont prévues d’ici la fin d’année, malgré l’hostilité de certains élus politiques et d’associations environnementales. Sébastien Soriano, le président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, se veut rassurant : “Aujourd’hui, il n’y a pas de raison de préjuger d’une nocivité” particulière de la 5G, assure-t-il sur franceinfo. Il estime que cette technologie, “ce n’est pas seulement un meilleur début pour les gens, c’est aussi une modernisation de tout un tas d’industries”.

franceinfo : Est-ce que c’était vraiment le bon moment pour lancer le processus ?

Sébastien Soriano : On n’a plus de monopole public des PTT dans ce pays, donc, ce n’est pas l’État qui choisit les technologies, ce sont des acteurs économiques, qui sont opérateurs télécoms et ce sont eux qui font le choix de la 5G. Notre rôle c’est de leur permettre, ou pas, et de les encadrer le cas échéant. Au vu des éléments que nous avons en notre possession, nous pensons que la 5G peut être utile pour les Français. Donc on n’a pas de raison de la refuser aux opérateurs. En revanche, il faudra que l’on travaille sérieusement sur la question de l’encadrement par rapport à toutes les craintes légitimes qui s’expriment.

L’Anses doit rendre dans six mois un rapport sur les effets de la 5G, notamment sur la santé. Si ce rapport concluait à un éventuel danger, pourra-t-on faire marche arrière ?

Je ne peux pas dérouler toute la pelote, mais en tout cas, s’il y avait un enjeu sanitaire qui était avéré sur des questions de fréquences, il faudrait effectivement se poser la question de l’émission de la télévision, de la radio, du fonctionnement des talkies-walkies et de la 4G et de la 5G, de tout ce qui utilise des ondes. Effectivement, il faudra se poser la question de savoir est-ce qu’on continue tout ça ou pas. 

Aujourd’hui, il n’y a pas d’étude qui montre cette dangerosité, il faut rester vigilant, ce sont des sujets importants. Il faut conduire les études. 

Sébastien Soriano, président de l’Arcep

à franceinfo

Mais aujourd’hui, il n’y a pas de raison de préjuger d’une nocivité qui serait tout d’un coup particulière à la 5G.

Il y a 11 lots à attribuer. Celui qui en achète le plus aura le meilleur réseau ?

En partie, puisque nous avons garanti qu’il y ait un minimum de 50 MHz par opérateur en échange d’un certain nombre d’engagements. En revanche, nous laissons la possibilité effectivement d’aller jusqu’à 100 MHz, donc de doubler la mise entre guillemets pour un opérateur. Un opérateur qui aurait deux fois plus de fréquences qu’un autre, effectivement, pourrait offrir un débit deux fois plus élevé ou accueillir deux fois plus de clients, donc c’est vrai que ça donne un avantage dans la concurrence. Pour autant, nous avons dimensionné les choses pour que ça n’élimine pas les autres.

Quoi qu’il arrive, ces enchères vont rapporter au moins 2 milliards d’euros à l’État. Jusqu’où cela peut aller ?

Il n’y a pas de limites. Ce que l’on espère, c’est que les opérateurs vont rester raisonnables et qu’ils vont garder un peu d’argent pour investir dans les réseaux aussi.

Quand les opérateurs auront déboursé pour la 5G, restera-t-il encore de l’argent pour les zones blanches ?

Nous faisons une priorité absolue du déploiement des zones blanches. Il y a aujourd’hui un accord que nous avons conclu en 2018, qui s’appelle le New Deal Mobile, avec le gouvernement et les opérateurs. Ils ont pris un engagement d’investir 3 milliards d’euros dans les zones blanches. Nous, Arcep, nous vérifions cet engagement. S’il n’est pas respecté, il y aura des sanctions qui peuvent aller jusqu’à 3% du chiffre d’affaires du secteur, et nous feront le bilan de l’ensemble des déploiements dans un mois à peu près.

Que se passera-t-il si l’on ne passe pas à la 5G ?

Je pense que c’est quand même risqué de prendre un handicap vis-à-vis de la compétitivité internationale. La 5G, ce n’est pas seulement un meilleur débit pour les gens, c’est aussi une modernisation de tout un tas d’industries. Il y a par exemple le port de Hambourg en Allemagne qui est très engagé dans la 5G qui va attirer tout un tas d’acteurs de la logistique, des transports.

On risque un handicap de compétitivité si on est en retard. 

Faudra t-il obligatoirement changer de téléphone pour passer à la 5G ?

La plupart des Français doivent effectivement changer de téléphone. Certains ont déjà des téléphones qui sont compatibles, la plupart, effectivement, devront changer, mais j’insiste, ce n’est pas une obligation.

Vous entendez l’argument des écologistes, qui estiment qu’avec la 5G, c’est l’organisation d’une obsolescence programmée ?

Ce que l’on a constaté avec la 4G, c’est qu’en fait, les gens attendaient un changement de téléphone, qu’ils avaient déjà prévu ou un cadeau de Noël ou le fait que l’ancien téléphone soit cassé, pour changer de technologie. À l’époque, c’était pour passer à la 3G, la 4G. Il y aura des geeks évidemment qui voudront avoir la 5G tout de suite, mais on s’attend à ce que les gens renouvellent un peu au fur et à mesure. En revanche, il y a un vrai sujet, qui est la manière dont les opérateurs, les équipementiers de terminaux, tout cet écosystème, la mettent beaucoup en avant et poussent au renouvellement. C’est un sujet qui, au-delà de la 5G, doit nous préoccuper pour des enjeux écologiques.

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