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« Jusqu’au bout, Mark Zuckerberg a résisté à la tentation de policer le contenu de son réseau »

Le mouvement Boogaloo n’a de sympathique que le nom. Ses partisans s’échangent sur Facebook de précieux conseils sur l’usage des armes de guerre, la meilleure manière d’attaquer un commissariat ou de semer le désordre dans une foule. Leur objectif, la guerre civile contre l’Etat fédéral américain. L’association Tech Transparency Project a compté des centaines de groupes privés et publics de discussion sur le réseau et environ 70 000 membres. Mais leur nombre a explosé depuis, avec la révolte contre les mesures de confinement.

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On parle, on s’échange des plans, on met au point des opérations. Ce mardi 30 juillet, la firme de Mark Zuckerberg a annoncé la fermeture de 220 comptes Facebook, de 95 comptes Instagram, de 28 pages et 106 groupes du réseau Boogaloo, ainsi que de 400 autres groupes qui hébergeaient des contenus similaires. Il a quand même fallu des années de polémique et des émeutes raciales pour que le plus grand réseau social du monde condescende à interdire des contenus appelant à la haine, au meurtre et à la destruction de la société. Et ce ne sont pas que des paroles.

Recherche de l’audience maximale

La pression est considérable en ce moment sur Facebook. Du président américain, Donald Trump, qui menace d’une loi responsabilisant les réseaux sur les contenus, jusqu’aux annonceurs publicitaires. Les plus gros d’entre eux, comme Ford, Coca-Cola ou Unilever, ont décrété une « pause » dans leurs investissements publicitaires, s’inquiétant pour leur réputation et pas mécontents de faire payer à Facebook et Google leur hégémonie dans la publicité sur Internet. Même les propres employés du groupe se sont soulevés, certains n’hésitant pas à démissionner pour protester contre l’attitude du patron.

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Car, jusqu’au bout, Mark Zuckerberg a résisté à la tentation de policer le contenu de son réseau. Pour des raisons de principe, celui de la liberté de parole, inscrit dans la Constitution américaine, mais aussi pour protéger un modèle économique assis sur la publicité et la recherche de l’audience maximale. Facebook a besoin de passionnés et de polémiques autant que de données.

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Le problème est que son attitude actuelle et les dommages causés à sa réputation sont en train de compromettre son ambition future, celle d’une plate-forme universelle que l’on utilisera pour communiquer et s’informer, mais aussi pour faire ses courses, payer ses achats ou appeler un taxi, à l’image du réseau chinois WeChat qui permet déjà tout cela. Pour enfermer le client dans un univers, il faut soigner son image auprès des utilisateurs comme auprès des politiques. Amazon en sait quelque chose, Facebook est train de l’apprendre.

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