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« La 5G n’est ni une révolution ni un choix de société »

Pertes et profits. Que se passe-t-il ? Tout à coup, un acronyme obscur devient le réceptacle de toutes les peurs, les rancœurs et de tous les espoirs du monde. Elle est, ici, l’arme d’un combat géopolitique entre les titans américain et chinois, ailleurs, la figure d’un cavalier de l’Apocalypse apportant la mort et la désolation. Il conviendrait peut-être de revenir sur Terre pour relativiser le phénomène : la 5G n’est ni une révolution ni un choix de société.

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Tous les cinq à dix ans, les chercheurs font émerger une nouvelle génération de téléphones mobiles. L’histoire commence le 6 mars 1983 à New York, quand Motorola présente le premier téléphone mobile. Une invention jugée sans grand avenir commercial, visant les professionnels et les PDG dans leur voiture. Quelques années plus tard, les Européens inventent la norme GSM (la 2G) qui démocratise l’outil et constitue la brique élémentaire de toutes les innovations suivantes dans ce domaine, y compris la 5G.

S’il fallait encenser ou vouer aux gémonies une découverte, ce serait cette innovation fin de siècle qui a libéré l’individu en mettant un téléphone dans sa poche, et non plus dans le salon familial. Evénement considérable, comparable à l’essor de l’automobile avant et après la seconde guerre mondiale.

Univers saturé de signaux électromagnétiques

En 2000, le GSM cède la place à la 3G, qui permet de transmettre des images et des logiciels. Pour quoi faire ?, s’est-on interrogé. Apple, en lançant l’iPhone et son magasin d’applications en 2008, a fourni la réponse : mettre un ordinateur et l’accès au monde entier dans la main des utilisateurs. La 4G, en 2014, accélère le phénomène en multipliant la rapidité de transmission. Aujourd’hui, 95 % des Français sont dotés d’un téléphone mobile, en majorité un smartphone.

La 5G, à côté de ces mutations profondes, ne changera pas nos habitudes. Tout juste promet-elle encore plus de débit. Et, comme pour la 3G, son usage est encore incertain. On imagine que le coût faible de la transmission permettra de relier entre elles toutes les machines, industrielles ou domestiques, ainsi que les automobiles. Mais l’innovation et le marché décideront des applications qui changeront la vie des gens. Comme dans le cas du smartphone qui, aujourd’hui, ne sert presque plus à téléphoner. Car ce sont les usages qui transforment la société, pas les infrastructures.

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Restent les questions sécuritaire, sanitaire, environnementale et politique. La peur des ondes invisibles est plus ancienne que celle de l’atome. Téléphone, télévision, micro-ondes, Internet : nous vivons dans un univers saturé de signaux électromagnétiques dont on connaît mal les effets à long terme sur la santé. Aucune technologie n’est neutre. Chacune, en apportant une solution, crée un nouveau problème.

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