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la Biélorussie a ordonné la coupure du réseau mobile durant les dernières manifestations

Les autorités biélorusses ont ordonné, une fois encore, aux opérateurs de téléphonie mobile de restreindre leurs services dans la capitale ce dimanche 13 septembre, dans le but, à nouveau, de limiter la capacité de coordination des dizaines de milliers de manifestants qui étaient rassemblés pour contester la réélection du président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994

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Plus d’un mois après le début des contestations sur l’élection présidentielle du 9 août, qui s’était accompagnée d’une coupure Internet quasi totale pendant soixante et une heures, l’Etat biélorusse ne cherche plus à masquer ses agissements comme il a pu le faire par le passé. La filiale biélorusse du groupe autrichien de télécommunication A1, qui revendique 4,9 millions de clients en Biélorussie, a par exemple publié un communiqué annonçant que « conformément à l’ordre des autorités compétentes » le débit d’Internet mobile avait été réduit « sur le territoire de Minsk le 13 septembre » avant d’être pleinement rétabli le même jour à 19 h 15.

Le même communiqué, publié sur la page d’A1 du réseau social VK – très utilisé des internautes russophones –, a suscité de nombreux témoignages de clients d’A1 en Biélorussie se plaignant de cette coupure de service.

Lors des premières perturbations qui avaient fortement restreint l’accès à Internet dans le pays, le CERT biélorusse − acronyme anglais désignant les équipes chargées de répondre aux incidents liés à la sécurité informatique − avait évoqué des cyberattaques qui auraient été diligentées depuis l’étranger, les accusant d’être à l’origine des problèmes de connectivité connus dans le pays. Depuis, après avoir été accusé de coopération avec le régime de M. Loukachenko, le groupe autrichien A1 a pis pour habitude de publier des communiqués de presse sur son site quand les autorités biélorusses lui ordonnent d’interrompre ses services.

Des outils de filtrage d’Internet américains

De manière générale, l’Etat biélorusse contrôle l’intégralité des points de connexion reliant le réseau terrestre du pays au reste de l’Internet mondial. Ceci lui permet de jouir d’une mainmise quasi totale sur la connectivité des citoyens biélorusses et leur accès aux services en ligne.

En parallèle des coupures d’Internet, Alexandre Loukashenko a également, ce dernier mois, directement durci sa politique de censure des sites Internet, notamment grâce à des DPI (Deep Packet Inspection, « équipement d’inspection profonde de paquets »), des outils de filtrage qui servent à analyser en détail le trafic Internet dans un pays.

Ils peuvent aussi bien être utilisés pour se défendre contre des cyberattaques que pour bloquer des VPN (réseaux privés virtuels, des logiciels utilisés pour contourner des blocages territoriaux), ou des sites à partir d’une liste de noms de domaine, voir même de mots-clés en fonction de la manière dont ils sont configurés.

Selon une enquête publiée par l’agence Bloomberg ce 11 septembre, l’entreprise américaine Sandvine a fourni de telles solutions à la Biélorussie. Et selon Bloomberg, une téléconférence a été organisée, sur Internet, pour répondre aux préoccupations de ses employés face à l’utilisation de leurs produits par l’Etat biélorusse. Le directeur technique de Sandvine y aurait notamment déclaré que l’entreprise ne considère pas que l’accès à Internet ou à des contenus en ligne spécifiques fasse « partie des droits de l’homme » et que l’entreprise « ne veut pas jouer aux policiers du monde ». Il a également insisté sur le fait que Sandvine « pense que chaque pays souverain doit être autorisé à définir sa propre politique sur ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas ».

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