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La fracture numérique au révélateur du Covid-19

JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Par Charles de Laubier

Publié aujourd’hui à 16h00

L’exclusion numérique s’est rappelée subitement au bon souvenir des pouvoirs publics lors de la pandémie historique du Covid-19. Selon une étude de l’Insee de 2019, l’« illectronisme » touche 16,5 % de la population française. Voire 20 % – soit 13 millions de personnes –, si l’on se fie à une audition de Jacques Toubon, alors Défenseur des droits, devant une mission d’information sénatoriale en mai 2020. Avec l’école à distance, le télétravail, les téléconsultations, les démarches et déclarations en ligne, le commerce électronique, ou encore l’accès à la culture sur Internet, la République numérique a perdu lors du premier semestre de très nombreux citoyens en route, faute d’avoir su leur apporter le haut débit à domicile ou leur donner un pouvoir d’achat suffisant pour s’équiper d’ordinateurs.

Cette exclusion numérique, qui date de bien avant l’épidémie liée au coronavirus, s’est constituée au fil des années, au fur et à mesure que les services en ligne se sont imposés dans la vie quotidienne. Mais le confinement l’a mise cruellement en lumière. « Aujourd’hui, la précarité numérique est un phénomène de société majeur, et lutter contre l’illectronisme est devenu une priorité pour le gouvernement. Nous avons la conviction depuis dix ans que le numérique est l’électricité du XXIe siècle », assure Julie Leseur, déléguée générale de la Fondation SFR (filiale télécoms d’Altice).

En 2013, François Hollande, alors président de la République, avait promis « le très haut débit pour tous d’ici 2022, très majoritairement en fibre optique », moyennant 20 milliards d’euros d’investissement, en réalité sous-estimés (jusqu’à 35 milliards auraient été nécessaires), avec une extinction du réseau de cuivre qu’utilise l’ADSL en 2025. Mais le « plan France très haut débit », lancé par l’Etat français il y a sept ans, n’a pas tenu son calendrier.

Déploiement perturbé

Emmanuel Macron, aussitôt à l’Elysée en 2017, avait revu à la baisse les objectifs de 2022 : il n’est plus question que « du bon haut débit pour tous à fin 2020, du très haut débit pour tous à fin 2022 avec un mix technologique [fibre, câble, VDSL2, 4G fixe, satellite…], puis du FTTH [fibre optique de bout en bout jusqu’à la maison, « Fiber to the Home » en anglais] pour tous à fin 2025 ».

Mais le coronavirus est venu jouer les perturbateurs. Le confinement a assigné à résidence la population française, comme 4,5 milliards de personnes dans le monde. La fibre reste encore une chimère pour environ 60 % des abonnés français toujours rattachés à l’ADSL. Et encore, les quelque 40 % restant sont branchés à un très haut débit, mais souvent sans fibre.

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