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La plate-forme Twitch boycottée pour dénoncer le manque de mesures contre le harcèlement

Plusieurs streameurs et spectateurs ne se sont pas rendus, comme à leur habitude, sur Twitch, mercredi 24 juin. Par ce boycottage, signifié par le hashtag #TwitchBlackout, ils entendent protester contre ce qu’ils considèrent être « une réponse lente et tiède aux allégations de harcèlement et d’abus de la part de streameurs célèbres », expliquent-ils auprès du site spécialisé Ars Technica.

L’objectif est de ne pas streamer sur Twitch (diffuser des parties de jeu vidéo en direct ou utiliser la plate-forme pour discuter avec sa communauté à l’aide de la fonction de tchat) ou visiter le site pendant la journée du 24 juin afin que l’entreprise américaine détenue par Amazon « note les abus, le racisme, le harcèlement sexuel, les agressions sexuelles et les viols » commis par certains utilisateurs, indique l’une des organisatrices sur Twitter.

Une pétition appelant Twitch à agir sur ces sujets – via sa modération ou en prenant des mesures contre les utilisateurs problématiques – a déjà recueilli la signature de plus de 2 000 personnes, mercredi après-midi, et le hashtag #TwitchBlackout faisait partie des plus commentés sur Twitter. Si certains streameurs assurent qu’ils ne vont pas se connecter au site aujourd’hui, d’autres n’ont rien changé à leur routine.

Cette journée de boycottage survient quelques jours après des accusations de harcèlement et d’abus sexuels à l’encontre de trois streameurs très populaires sur Twitch (et membres du programme Twitch Partners). L’un d’entre eux a reconnu avoir tenu des propos inappropriés à caractère sexuel, qui se sont déroulés il y a plus de deux ans, et a indiqué n’avoir « aucune excuse pour son comportement. Les choses que j’ai faites sont inacceptables ». Il s’est en revanche défendu des accusations d’agression sexuelle. Accusé de viol par deux femmes, un autre streameur a nié en bloc : « Je ferai une déclaration à propos de ces fausses allégations, ces prochains jours », a-t-il assuré sur Twitter, dimanche.

Plate-forme privilégiée des streameurs, qui souhaitent partager leurs parties avec leur communauté, Twitch a décidé de s’exprimer publiquement après ces accusations touchant certains de ses « partenaires ». Sur Twitter, la plate-forme assure « prendre les accusations de harcèlement sexuel et de comportements déplacés très au sérieux ».

Demander des comptes

Pour de nombreux utilisateurs, les promesses de Twitch ne suffisent cependant plus. En 2018 déjà, le site avait instauré de nouvelles règles en prenant une série de mesures pour lutter contre les discours de haine, le harcèlement et les contenus à teneur sexuelle. La plate-forme avait alors assuré que le harcèlement allait être pris en compte, qu’il soit perpétré sur Twitch ou en dehors : « Si un utilisateur de la plate-forme harcèle un autre utilisateur sur un réseau social, Twitch le considérera comme une violation de ses règles d’utilisation. »

Twitch est aujourd’hui accusé de fermer les yeux concernant plusieurs cas. Sur Twitter, Samantha Wong, une streameuse, regrette ainsi que les allégations qu’elle avait portées à l’attention de la plate-forme de streaming aient été « minimisées ». « Vous avez balayé d’un revers de la main le harcèlement sexuel que j’ai subi et continué à laisser le prédateur fréquenter vos événements », dénonce-t-elle. Une autre streameuse, YourStarling, a accusé le PDG de Twitch, Emmett Shear, d’avoir gloussé lorsque son cas de harcèlement avait été évoqué lors d’une réunion, avant de dire : « Wow, les choses qui se passent sur notre plate-forme. Je ne peux pas vraiment commenter. »

Dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 juin, Emmett Shear a rendu public un e-mail interne dans lequel il explique notamment que si des personnes ont eu le sentiment qu’il ne prêtait pas attention à leurs cas il en était désolé et que cela n’avait pas été son intention. Il promet également que des enquêtes vont être menées et que Twitch pourrait potentiellement interdire sa plate-forme à certains acteurs. S’il reconnaît que Twitch n’a pas toujours été à la hauteur, notamment pour les personnes issues des minorités, il assure vouloir faire de sa plate-forme « l’endroit le plus sûr pour créer sur Internet ».

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