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Le procès du lanceur d’alerte Rui Pinto commence à Lisbonne

Qui est Rui Pinto alias « John » ? Nettement moins connu que ses homologues Julian Assange et Edward Snowden, le lanceur d’alerte portugais reste une énigme pour le grand public, qui ignore tout ou presque de lui. Et ce, jusqu’aux traits de son visage poupin. Joues glabres et cheveux coiffés en brosse, le jeune homme de 31 ans est pourtant à l’origine de la plus grande fuite de données de l’histoire du journalisme : soit 70 millions de documents confidentiels.

Hacker pour les uns, lanceur d’alerte pour les autres, Rui Pinto risque une lourde peine d’emprisonnement au Portugal au terme de son procès qui s’ouvre vendredi 4 septembre, à Lisbonne. Le natif de Vila Nova de Gaia, dans le district de Porto, croule sous les charges – 90 en tout, dont tentative d’extorsion de fonds, piratage informatique et violation du secret des correspondances…

C’est une plainte du fonds d’investissement Doyen Sports, particulièrement actif dans le monde du football, qui est à l’origine des déboires judiciaires du trentenaire dont les piratages de boîtes mails ont permis de révéler des scandales, et à plusieurs pays (Belgique, Suisse, Espagne, Portugal) d’ouvrir des enquêtes pénales.

Montages offshore dans l’univers du ballon rond

Apôtre de la tierce propriété des joueurs (ou TPO, soit le fait pour un club de céder une partie de ses droits économiques sur un joueur à un ou plusieurs fonds privés), le fonds Doyen Sports a accusé Rui Pinto d’avoir tenté de lui extorquer, après avoir piraté son système informatique en 2015, une somme comprise entre 500 000 et un million d’euros. Il faut dire que le « hacker » a fait trembler le monde du football. Relayées en 2016 et 2018 par le consortium European Investigative Collaborations (EIC), dont Mediapart fait partie, les deux vagues des « Football Leaks » ont révélé l’étendue des montages offshore et autres mécanismes de fraude fiscale en vigueur dans l’univers du ballon rond.

Lire aussi Football Leaks : le lanceur d’alerte Rui Pinto contre-attaque devant l’Union européenne

Elles ont notamment entraîné la condamnation à deux ans de prison (commuée en une amende de 365 000 euros) pour fraude fiscale, en 2019, en Espagne, de la star portugaise Cristiano Ronaldo ainsi que l’ouverture d’une procédure pénale de la justice suisse, en juillet, contre le procureur général helvétique Michael Lauber et le président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, dont les rencontres secrètes ont été éventées grâce aux données récupérées par le « hacker ».

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