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Le rendez-vous de la médiatrice. Quel traitement éditorial pour la 5G ?

La 5G à Lyon. Illustration  (MAXPPP)

Pour évoquer la position d’une partie de l’opinion vis-à-vis de la 5G – dont les enchères auront bien lieu le 29 septembre 2020 – on commence avec le message d’un auditeur qui s’interroge sur le vocabulaire employé par les journalistes .
Voici le message : “Les ‘anti-5G’… Encore une nouvelle communauté. Pourquoi ne parle-t-on pas de personnes favorables à la baisse des tensions énergétiques, à la consommation raisonnée ? Non. Il faut les qualifier ‘d’anti-quelque chose’ “.

Emmanuelle Daviet : Pourquoi ce choix lexical connoté négativement ?

Anne-Laure Barral : C’est toujours la difficulté en radio, quand il faut trouver un terme pour pouvoir le dire dans des titres qui font une minute, dans des brèves, et pas dans des papiers où on développe, ou avec des invités, qu’on peut avoir sur plusieurs minutes pour donner de la nuance. “Les anti-5G”, c’est une façon de donner et d’encadrer très largement ceux qui peuvent avoir une position déjà déterminée pour dire : “je n’ai pas envie qu’elle se développe maintenant, je veux attendre”, même si par principe, ils ne sont pas contre cette position.

Mais les personnes favorables à la baisse de tension énergétique ou les personnes qui veulent réfléchir aux impacts environnementaux, vous voyez bien que ça prend plus de temps. Je dirais que les pro-5G pourraient nous reprocher la même chose, en disant : “Moi, j’ai dit que je voudrais la développer parce que ça aiderait mon entreprise, mais ce n’est pas pour ça que je suis pour, elle consomme énormément”. C’est toujours la difficulté en radio, quel que soit le sujet.

Emmanuelle Daviet : Ce même auditeur remarque que : “Les contre-arguments présentés pour légitimer le déploiement de la 5G ne tiennent pas compte des contraintes environnementales . Le sujet est traité d’un point de vue économique et pas d’un point de vue écologique. J’ai vraiment le sentiment, dit-il, que le monde économique prend encore de haut les sujets environnementaux.”

Un autre auditeur estime lui que, “Trop souvent, le débat de la 5G tourne autour de la santé. Mais, écrit-il, il serait intéressant d’aborder le débat sous l’angle de la dépense énergétique.” 

Quels sont les angles que vous avez choisis à france Info pour aborder ce sujet ?

Anne-Laure Barral : Effectivement quand on développe un sujet, on choisit un angle, on ne fait pas à chaque fois un “Que sais-je” ou une thèse, sur le sujet. On va avoir parfois, un opposant, qui va dire : “Moi j’ai peur de la 5G”, pour des raisons personnelles, peut-être par rapport à sa santé. On va avoir quelqu’un qui va défendre cette technologie, parce qu’il y voit un intérêt pour le développement de son entreprise. Donc en fonction de qui on a à l’antenne, de ce que développent certains journalistes dans leurs papiers, on fait des points sur : voilà les arguments pour, voilà les arguments contre.

Cette semaine a été très marquée par des positions politiques du chef de l’Etat et du gouvernement avec des rapports sur l’orientation de l’exécutif pour ne pas attendre, ouvrir aux enchères les fréquences sur cette technologie, donc, elle s’est cristallisée sur ceux qui veulent aller vers ce principe d’innovation et ceux qui pensent au principe de précaution.

Mais on a eu Frédéric Bordage qui est le fondateur de GreenIT, groupe de chercheurs qui travaillent sur les impacts environnementaux du numérique. De mon côté, j’ai fait un billet science sur les impacts sur la santé des ondes, sur ce que l’on connaît aujourd’hui dans les différents rapports de l’Anses. On a fait un débat dans le 12-14h avec Dominique Rouillé, sociologue du numérique, qui disait : “Il faut arrêter de dire que les gens n’y comprennent rien à ces technologies”, on a fait un débat politique entre Cédric O et Julien Bayou, un secrétaire d’Etat du gouvernement, et un opposant politique Europe Écologie les Verts, pour dire pourquoi il y avait ces différents points de vue.

Emmanuelle Daviet : Sur un plan éditorial en quoi le dossier 5G est-il difficile à traiter ?

Anne-Laure Barral : C’est comme à chaque fois qu’une technologie n’est pas mature. Là, on va dans la politique fiction, ou dans la réalité fiction. Qu’est-ce que cela va donner à l’avenir ? La 5G, on a compris qu’elle pouvait avoir un impact énergétique plus fort si les usages se développent, un impact environnemental, si on change tous nos appareils. On est là à la limite de ce qu’un journaliste peut faire, en disant voilà les faits, voilà ce que l’on sait, voilà comment ça peut se développer.

Et puis on va continuer à développer ce sujet en allant voir, dans les pays qui ont déjà commencé à développer cette technologie, et pas plus tard que la semaine prochaine. Vous comprenez bien qu’avec la phrase du chef de l’Etat prononcée un soir, le débat le lendemain s’ouvre sur les positions politiques, le reportage prend un peu de temps surtout en temps de Covid, et il arrivera très vite.

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