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« Les Etats devraient être les garants de notre identité numérique »

Tribune. Le coronavirus a mis en exergue la nécessité et le besoin d’efficacité des Etats. Pourquoi, dans l’univers numérique, n’existe-t-il pas aussi des solutions, moins aliénante, assurées par ces derniers ? Quinze ans après l’apparition du Web 2.0 et ses nouveaux comportements, domine un modèle économique, avec des flux d’informations et de données qui sont pensés pour être consommés et valorisées économiquement. Il existe ainsi des plates-formes ergonomiques globales, fournissant des services et des recommandations, qui tendent à assujettir l’utilisateur final, le consommateur.

C’est une des propriétés remarquables d’Internet, d’avoir rendu la technologie et son usage simple et en apparence gratuit. Le revers de la médaille, cette simplification d’usage débouche sur une méconnaissance de ce que nous abandonnons de nous-même pour y accéder. De plus dans ce nouveau monde, il y a une barrière d’octroi.

Le profit pour moteur

Mot désuet nous direz-vous, pas plus que la notion de servage qui résume ce modèle économique. Un serf produit un travail, quasi gratuitement, pour un seigneur. Si le servage était subi, nous, nous acceptons d’être une main-d’œuvre sans droit sur notre production (comme le serf) mais aussi l’appropriation et la vente de nos données personnelles. Soit une servitude volontaire, en dépit de révélations récurrentes sur les mauvaises pratiques de ces plates-formes.

Les 500 millions d’Européens sont ciblés par ce modèle, dont le moteur est le profit. De son côté, l’Union européenne a la prétention de l’encadrer et, le modérer par la réglementation. C’est le règlement général sur la protection des données (RGPD) de mai 2018 fondé sur deux grands principes. D’abord, les données personnelles sont un attribut de la personnalité, et non un bien dans le commerce. On ne les vend donc pas. On consent à leur collecte et à leur exploitation, mais ce consentement, peut toujours être repris à tout moment.

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Ensuite, c’est la mise en place d’une réglementation contrôlée par des autorités indépendantes, en France la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), disposant d’un pouvoir de sanction fort, fonction, notamment, du chiffre d’affaires des contrevenants.

Mais ce contre-feu légal ne suffira pas. Au regard des enjeux monétaires colossaux, les grandes entreprises du numérique ne vont pas reculer. Elles ont l’agilité et la rapidité que les régulateurs publics n’ont pas. Elles savent jouer aussi du temps et de tous les recours que leur offrent les juridictions nationales et supra-nationales (Cour de justice de l’Union européenne et Cour européenne des droits de l’homme).

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