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les journalistes Omar Radi et Imad Stitou relâchés après un long interrogatoire

Les journalistes marocains Omar Radi et Imad Stitou ont été libérés, lundi 6 juillet en fin d’après-midi, après avoir été interpellés et placés en garde à vue dans la nuit de dimanche à lundi à Casablanca. Les deux journalistes, qui contribuent au média d’enquête Le Desk, souvent dérangeant pour le pouvoir, ont été appréhendés par la police à la sortie d’un bar du centre-ville après une altercation avec un journaliste de la chaîne de télévision Chouf TV.

Selon Le Desk, le cameraman de Chouf TV aurait passé toute la soirée dans son véhicule, garé près de la sortie de l’établissement, en compagnie de sa femme et de son fils. C’est déjà lui qui avait été dépêché par sa rédaction pour capter des images d’Omar Radi lors de ses deux récentes convocations par la police, ensuite diffusées par ce média sensationnaliste.

Un « guet-apens » visant le journaliste

A la sortie de MM. Radi et Sitou, une vive discussion s’est engagée. « Moins d’une minute plus tard », un véhicule de police a appréhendé les deux journalistes, selon Le Desk, qui n’hésite pas à évoquer un « guet-apens ». Les images diffusées par Chouf TV montrent bien Omar Radi et Imad Sitou filmer avec leurs téléphones le journaliste de la chaîne de télévision. « Montre ton visage », lui demande Omar Radi. « Je ne te laisserai pas t’en tirer comme ça », entend-on le journaliste lancer au cameraman. « Regardez ça, c’est Omar Radi, il est complètement saoul. Et son copain aussi est saoul. Regardez, ils sortent du bar bourrés. Et il vient me traiter de voleur, parce qu’il est saoul ! », réplique le cameraman, qui filme lui aussi. Pourtant largement éditées et prises de deux angles différents, les images ne montrent aucune violence physique, ni ébriété, de la part des deux journalistes. La vidéo est agrémentée en voix off de propos insultants : les deux journalistes sont traités de « clochards » et « d’ivrognes » et Omar Radi y est qualifié « d’espion ».

Ce dernier a été condamné en début d’année pour un tweet critiquant une décision de justice. En avril 2019, il avait en effet qualifié de « bourreau » un juge ayant prononcé des peines allant jusqu’à vingt ans de prison à l’encontre de plusieurs membres du mouvement de contestation du Hirak. Mais ces derniers jours, la pression des autorités à son égard s’est considérablement accrue. Elles n’ont pas digéré la publication d’un rapport d’Amnesty International relayé par le consortium de journalistes Forbidden Stories, dont Le Monde fait partie. Ce rapport démontrait preuves techniques à l’appui que le téléphone du journaliste avait été pris pour cible par une attaque informatique très sophistiquée que seules étaient en position de lancer les autorités marocaines.

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