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les procédures judiciaires se multiplient contre NSO Group

Pablo Iglesias, le secrétaire général du parti Podemos et membre du gouvernement espagnol, a réclamé ce 16 juillet l’ouverture d’une enquête parlementaire sur la surveillance électronique ayant visé plusieurs militants du mouvement indépendantiste catalan. Le Guardian et El Pais avaient révélé, en début de semaine, qu’au moins trois indépendantistes catalans, dont le président du Parlement de Catalogne, avaient été visés en 2019 par Pegasus, le logiciel espion ultraperfectionné de la société israélienne NSO Group.

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Deux militants visés ont annoncé qu’ils portaient plainte contre Félix Sanz Roldán, qui dirigeait à l’époque le Centro nacional de Inteligencia (CNI), le service de renseignement espagnol. Ni le CNI, ni le gouvernement espagnol n’ont souhaité commenter les révélations des journaux, se bornant à affirmer qu’ils opéraient dans le cadre de la législation espagnole. Des témoignages d’anciens employés affirment que l’Espagne figure bien parmi les clients de NSO Group, et que le pays a acquis des licences lui permettant de déployer Pegasus sur le territoire national, mais aussi en France, au Mexique ou à Malte.

Des journalistes et opposants politiques ciblés

Pegasus, considéré comme le plus perfectionné des systèmes disponibles commercialement, promet une installation invisible sur le téléphone de ses victimes, parfois sans même qu’il y ait besoin d’inciter celles-ci à cliquer sur un lien piégé ou à installer un logiciel vérolé. Le logiciel est extrêmement onéreux – son tarif exact n’est pas connu, mais est estimé à plusieurs millions d’euros par cible. La société affirme ne vendre son logiciel espion que pour des usages légaux dans les pays qui l’achètent.

Mais les cas d’utilisation de Pegasus contre des opposants politiques ou des militants des droits humains se sont multipliés ces dernières années. Pegasus a notamment été utilisé contre le journaliste marocain Omar Raddi, qui fait l’objet d’une intense campagne de harcèlement policier depuis plusieurs semaines.

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Si la justice israélienne a confirmé cette semaine la légalité du processus permettant à NSO Group d’exporter son logiciel, la société et ses clients sont visés par plusieurs autres procédures juridiques. La plus importante est celle qui a été initiée par WhatsApp : la filiale de Facebook avait porté plainte contre NSO Group, après avoir constaté que l’entreprise utilisait une vulnérabilité de WhatsApp pour installer son logiciel espion sur les téléphones de ses victimes. Un tribunal californien a rejeté ce 17 juillet la demande d’abandon des poursuites de NSO Group.

Le Monde

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