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On a testé… le Samsung Fold 2, plus mature que la première version

Le 18 septembre, Samsung commercialisera la nouvelle génération du Fold : son smartphone pliable, dont l’immense écran s’ouvre comme un livre, que l’on pourra acheter en France au prix de 2020 euros.

Malgré un tarif tout aussi prohibitif lors de sa sortie en 2019, le prédécesseur du Fold 2 nous avait alors impressionnés. Le Fold 1 possédait des aptitudes aux loisirs et au travail réellement nouvelles.

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Nous avions néanmoins noté quelques défauts sensibles, que Samsung devait corriger pour libérer le potentiel d’un tel appareil : un écran extérieur trop petit et peu pratique ; son logiciel interne de fonctionnement ; ou encore sa fragilité.

Ce sont les premières choses que nous avons vérifiées lors de notre prise en main du Fold 2, que nous avons pu réaliser jeudi 3 septembre.

Réservé aux plus adroits ?

La principale faiblesse du Fold 1 n’était pas son écran interne, mais son deuxième écran : un petit écran externe destiné à le piloter une fois refermé. Trop étroit pour être lisible et confortable, il devait s’élargir pour être réellement utile. Ce qui est chose faite sur le Fold 2 : il gagne 8 millimètres.

Cela n’en fait pas un grand écran, surtout comparé à la moyenne des smartphones actuel, qui ont environ deux centimètres de largeur en plus : les textes sont moins lisibles sur l’écran externe du Fold 2, et le clavier trop étroit pour taper rapidement. Mais avec de bons yeux, et après quelques semaines d’adaptation, la plupart des acquéreurs devraient s’y faire, ce qu’on avait jugé improbable sur le Fold 1. Cet écran externe grandit aussi en hauteur, ce qui le rend plus séduisant, mais complique l’accès aux notifications lorsqu’on n’a qu’une main libre.

Le confort des yeux plutôt que des mains

La croissance du Fold 2 ne s’arrête pas là. Son grand écran interne grandit aussi d’un bon centimètre en largeur, ce qui le rend encore plus agréable à l’œil lorsqu’on regarde des photos ou des vidéos. Sa surface est désormais très proche de celle d’une tablette de 8 pouces.

Mais cette croissance se fait au prix d’un élargissement de la coque du Fold. Son confort en main régresse donc, surtout une fois déplié : son centre de gravité est moins bien équilibré qu’avant, ce qui pousse à devoir le tenir à deux mains. Mais globalement, la promesse du Fold demeure tenue : faire tenir une tablette dans un encombrement proche de celui d’un smartphone.

L’écran interne du Fold 1 est moins large que celui du Fold 2.

Le Fold 1 avait un deuxième défaut : son logiciel peinait à faire cohabiter ses deux écrans intelligemment. Il se montrait incapable, par exemple, de deviner ce que l’utilisateur désirait lorsqu’il fermait son grand écran interne. Souhaitait-il continuer la consultation de la même application sur le petit écran ? Ou plutôt revenir à l’écran d’accueil pour pouvoir ouvrir une autre application ? Ou encore passer le smartphone en veille ?

Le Fold 1 établissait par défaut ce dernier choix – la veille – au risque de frustrer l’utilisateur, voire même de le déboussoler. Malheureusement, ce problème perdure sur le Fold 2.

Sur le Fold 2, l’écran externe, destiné à le piloter une fois refermé gagne 8 millimètres.

Plus robuste et mieux fini

Le Fold 2 progresse heureusement sur d’autres points. Sa finition est plus flatteuse, elle est maintenant digne d’un smartphone haut de gamme. Le cerclage en plastic noir qui entoure son grand écran est beaucoup plus discret qu’auparavant. En outre, son écran souple, qu’il faut manipuler plus délicatement qu’un écran traditionnel, recouvert d’une épaisse couche de verre, est probablement un peu moins fragile : Samsung y a glissé une couche de verre ultrafine.

La charnière du Fold, qui permet de le déplier comme un livre, est l’autre point de fragilité des smartphones pliables, et elle s’améliore elle aussi. Lorsqu’on la manipule, elle est incomparablement plus rigide en main que celle du premier Fold, et cela rassure. Cette charnière permet désormais de déplier le Fold 2 à moitié seulement, pour le poser à plat comme un minuscule ordinateur portable, ce qui était impossible jusqu’à présent.

Le grand écran interne du Fold 2.

On peut donc imaginer afficher un large clavier sur la partie basse de l’écran pour taper à plat, et un texte sur la partie supérieure pour visualiser ses lignes bien dans l’axe des yeux. Cette nouvelle charnière permet aussi de poser le Fold sur une table et d’incliner son appareil photo à l’angle idéal pour filmer une vidéo en solo.

Un futur inaccessible pour le moment

Avec cette évolution, le Fold 2 peut se montrer encore plus tentant pour les gros travailleurs, qui consultent moult documents A4 et feuilles de calcul ; ou les fondus de divertissement, qui jouent, regardent des vidéos, lisent des bandes dessinées ou des magazines tous les jours. Encore faut-il que ceux-ci soient soigneux, car le Fold reste moins robuste qu’un smartphone classique.

Mais avec une facture de 2020 euros, le commun des mortels en est réduit à espérer une baisse, voire un effondrement des tarifs des prochains Fold pour tenter l’expérience. Le porte-parole de Samsung ne donnant aucune indication des évolutions tarifaires à venir, nous nous sommes tournés vers des précisions données par TCL – constructeur chinois de matériel électronique, qui a déjà conçu plusieurs prototypes de smartphones pliables – pour nous éclairer. « Il est fort probable que dès 2021 on trouve des smartphones pliables à moins de 1 000 euros », estime Stefan Streit, directeur marketing de la marque :

« Mais ce seront des mobiles plus simples que le Fold 2. Fabriquer un smartphone pliable coûte cher, le surcoût restera supérieur à 200 euros pendant au moins trois ans. Cela n’est pas seulement dû à leur écran souple, qui n’est pas si coûteux en réalité, mais aussi à leur deuxième écran, ainsi qu’à la charnière, qui est un véritable défi d’ingénierie. En outre, il faut équiper la chaîne de production avec un outillage totalement nouveau, extrêmement coûteux, qu’on ne peut amortir qu’avec des prix élevés ou de gros volumes de vente. »

De tels « gros volumes » ne semblent pas encore être d’actualité : en janvier 2020, Samsung indiquait avoir vendu entre 400 000 et 500 000 exemplaires du Fold première génération, quatre mois après son lancement.

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