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Parlons culture ! La sélection de franceinfo pour le week-end

Séries, films, bandes dessinées, podcasts, spectacles, musique… Pour vous aider à vous y retrouver, franceinfo vous propose chaque semaine ses coups de cœur.

Tous les week-ends, retrouvez Parlons Culture !, la sélection de quatre incontournables culturels du moment. Au menu cette semaine, un film musical sublime, une bande dessinée bouleversante, un podcast qui va vous rajeunir et la rétrospective d’un des photographes les plus sarcastiques au monde. Bonne découverte.

Le film dont on parle : “Black is King”

Cela fait déjà un an que l’on écoute The Lion King: The Gift, l’album inspiré par le film live Le Roi lion, dans lequel Beyoncé prêtait sa voix à Nala, la mère du jeune Simba. Aujourd’hui, cet album est également un film (vous suivez ?). Après Lemonade sorti en 2016, puis Homecoming (disponible sur Netflix depuis le printemps 2019), on sait désormais que les projets musicaux de la chanteuse américaine se traduisent en images. Black is King est donc le long-métrage qui accompagne ce dernier album, écrit, réalisé et produit par “Queen B” elle-même. Diffusé en exclusivité sur la plateforme de SVoD Disney+, ce film musical d’un peu plus d’une heure et demie célèbre la communauté et la culture noires au travers du destin d’un jeune souverain guidé par ses ancêtres et de son parcours initiatique, entre amour et trahison (si ça vous rappelle quelque chose, c’est normal).

Tourné entre New York, l’Afrique du Sud et de l’Ouest, Londres, Los Angeles et la Belgique, Black is King est une véritable explosion de couleurs. Avec son esthétique ultra léchée et certains de ses plans qui ressemblent à des peintures, cet album visuel est un bonheur pour nos rétines. D’autant qu’on y croise du beau monde. Son illustre mari, Jay-Z, sa fille aînée, Blue Ivy, mais également Pharrell Williams, le chanteur camerounais Salatiel, l’actrice oscarisée Lupita Nyong’o ou la mannequin Naomi Campbell. Alors que le mouvement “Black Lives Matter” résonne aujourd’hui dans le monde entier, Black is King est plus que jamais d’actualité.

Black is King, de Beyoncé, 85 minutes, disponible sur la plateforme Disney+.

La BD dont on va parler : “Rita, sauvée des eaux”

La couverture de l’album de bande dessinée, “Rita, sauvée des eaux”. (DELCOURT)

“Rita Chaitania Rimki, c’est son nom. Celui qui transforme mon histoire. Trois mots poétiques, guerriers mais chantants, posés sur l’avenir, à rattacher au passé.” La quatrième de couverture de l’album Rita, sauvée des eaux ne vous dévoilera rien de ce qui se joue dans ce récit autobiographique. Quant à la couverture, elle laisse penser à un classique carnet de voyage. Mais ne vous y trompez pas. L’histoire que nous raconte Sophie Legoubin-Caupeil (qui signe ici sa première bande dessinée) est des plus singulières. En 1987, alors qu’elle n’est encore qu’une enfant qui passe ses vacances en Inde avec sa famille, elle assiste à la mort de son père, qui tentait de sauver une jeune fille de la noyade. Ce drame va profondément bouleverser sa famille. Pour essayer de donner du sens à cette tragédie, Sophie Legoubin-Caupeil cherche, trente ans plus tard, à retrouver cette Indienne.

Vous l’avez compris, Rita, sauvée des eaux est un récit bouleversant. Et pas uniquement parce qu’il débute par un accident dramatique qui provoque des réactions en chaîne et détruit toute une famille. Il s’agit surtout de s’interroger sur nos façons de transcender de telles épreuves. Sophie cherche Rita pour confronter ses souvenirs, mais aussi se libérer. Joliment mis en dessin par son amie Alice Charbin, une illustratrice elle aussi amoureuse de l’Inde, Rita, sauvée des eaux est un roman graphique à la puissance émotionnelle rare. Un des plus beaux albums BD de l’année.

Rita, sauvée des eaux par Sophie Legoubin-Caupeil et Alice Charbin, éd. Delcourt, 176 p., environ 23 euros.

Le podcast dont on a parlé (mais ça vaut le coup d’en reparler) : “Mes 14 ans”

Vous vous souvenez de vos 14 ans ? Il est probable que non, à part peut-être quelques souvenirs très précis, ou au contraire, un simple ressenti. C’était également le cas de Lucie Mikaélian, avant qu’elle ne retombe sur le journal intime qu’elle tenait méticuleusement en 2004 lors de son année de troisième dans un collège parisien. Une année charnière, puisqu’elle sera celle de la perte de sa virginité. Car oui, Mes 14 ans parle principalement de sexualité. De cette première fois fantasmée, de cette obsession du bel âge pour les choses du sexe, mais aussi de l’amour évidemment, des potes, du bahut, des parents.

En mêlant des passages lus par la comédienne Marie Narbonne et des interviews de ses proches de l’époque ou de membres de sa famille, la jeune journaliste livre un portrait sans fard de l’adolescence et des années 2000 durant lesquelles régnait MSN et… le groupe Tryo. Une plongée dans la tête d’une adolescente qui questionne et décrypte avec tendresse son rapport aux garçons, à la féminité, quatorze ans et un #MeToo plus tard. N’hésitez pas à compléter votre écoute avec les pages de cet incroyable carnet, publiées sur le compte Instagram dédié. “Tout est vrai et souvent c’est la honte”, prévient d’emblée Lucie Mikaélian. Elle a raison, et c’est ce qui rend sa démarche encore plus honnête.

Mes 14 ans, un podcast de Lucie Mikaélian produit par Paradiso, à retrouver sur toutes les plateformes d’écoute.

L’exposition dont on ne parle pas assez (et c’est dommage) : “Parrathon”

New Brighton, England, 1983-85.
New Brighton, England, 1983-85. (MARTIN PARR / MAGNUM PHOTOS)

Connaissez-vous Martin Parr ? Si le nom de ce photographe ne vous dit rien, peut-être avez-vous au moins déjà vu certains de ses clichés. On a tous en mémoire certains parmi les plus décalés, issus de sa série sur le tourisme de masse en Grèce ou en Egypte ou sur la bonne société anglaise. Des photos aux couleurs souvent criardes, où transparaît le mordant du photographe britannique mondialement célèbre. On connaît moins en revanche ses premières séries en noir et blanc, où l’on perçoit pourtant déjà son esprit sarcastique.

Quinze ans après sa dernière rétrospective en France (à la Maison européenne de la photographie à Paris), le Frac (Fonds régional d’art contemporain) Bretagne de Rennes (Ille-et-Vilaine) propose au public de découvrir l’ampleur du travail du photographe, et pour la première fois, ses œuvres de jeunesse. Sans grande surprise, Martin Parr, pour qui se moquer de ses contemporains (riches ou pauvres) est devenu un business, s’est récemment attelé à la pratique du selfie, lui qui pratique l’autoportrait depuis vingt-cinq ans. Au total, ce sont ainsi près de 500 photographies qui sont exposées et qui démontrent que le Frac Bretagne est bien l’un des espaces d’exposition français sur lesquels il faut compter. Si vous êtes dans la région, c’est assurément l’un des temps forts culturels de cette fin d’année.

Parrathon, rétrospective Martin Parr au Frac Bretagne à Rennes. Ouvert tous les jours sauf les lundi, jusqu’au 24 janvier 2021. Environ 3 euros l’entrée.

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