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“Plus l’on poste des choses sur les réseaux sociaux, plus l’on trahit une fragilité narcissique”

A 42 ans, Séverine, standardiste et mère de deux enfants, est rivée sur son smartphone cinq heures et demie par jour ! Pour “Envoyé spécial”, elle a accepté de relever un défi : s’en passer complètement pendant deux semaines. A la place, elle devra se contenter d’un bon vieux téléphone basique, sans accès à internet.

Retour aux bons vieux accessoires

Ce sera l’occasion aussi, lors d’un séjour à Londres avec son compagnon, de ressortir son appareil photo… Un accessoire vintage qu’elle est bien la seule à arborer dans cette rue hyper touristique de Notting Hill. Et pour se repérer… retour à la carte en papier. 

“Ça me fait bizarre, avoue Séverine, dont c’est la première journée sans smartphone. J’ai l’impression qu’il me manque quelque chose.” Sans parler des “bugs” de son cerveau qu’elle dit ressentir : des sortes de Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) qui la poussent à mettre sans arrêt la main à la poche à la recherche de son téléphone. Un geste dont il lui semble difficile de se déshabituer…

Bus à selfies

Au détour de leur balade, Séverine et Pascal se retrouvent au beau milieu d’une rue aux maisons colorées, devenue un spot pour touristes avec leur portable greffé à la main. “Il y a un bus à selfies complet”, commente Séverine ironiquement. “Bientôt, il y aura une billetterie !”

La scène provoque chez elle un sentiment de malaise… suivi d’une prise de conscience. “J’étais comme ça, oui. C’est un peu idiot, reconnaît-elle. C’est complètement artificiel. La nature ne nous a pas faits pour profiter des décors juste avec un écran…”

Addiction à la dopamine

Pourquoi ce besoin irrépressible de poster ses photos, de parler de soi sur les réseaux sociaux ? Pour les addictologues, le “like” ou les commentaires reçus à chaque fois que nous partageons une image ou une “story” provoquent de petites décharges de dopamine. Selon eux, c’est à cette substance, l’hormone du plaisir, que nous serions accros.

Pourtant, le psychologue Michaël Stora pense qu’il y a autre chose que le facteur neuroscientifique. Selon lui, “plus l’on poste des choses sur les réseaux sociaux, plus l’on trahit, d’une certaine manière, une fragilité narcissique”.

Extrait de “Ma vie sans portable”, une enquête à voir dans “Envoyé spécial” le 10 septembre 2020.

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