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« Pourquoi rester dans une ville aussi chère quand on peut partir avec son ordinateur dans la Sierra Nevada ? »

À San Francisco, le 26 février. JEFF CHIU / AP

Un petit sentiment d’exode tout à coup à San Francisco. « On déménage ! », annonce une amie. Le coronavirus a changé leur vie. Walter, son mari, est analyste financier. Le fonds d’investissements où il exerce a décidé que l’entière division travaillerait de la maison jusqu’en juin 2021. Trop de monde à réintégrer pour respecter la nouvelle exigence de distanciation physique. Il faut gagner de la place dans les locaux.

Sylvia, elle, a été licenciée de la salle de fitness où elle travaillait à mi-temps. Elle s’est inscrite sur « Contrace » une plate-forme qui met en relation les nouveaux chômeurs avec les services de santé publique qui, dans tout le pays cherchent frénétiquement à recruter des « contacts tracers », les « détectives » qui remontent les filières de contamination du virus. L’un de ces métiers devenus indispensables à l’heure de la pandémie.

Bref, tous les deux sont libres comme l’air. Vive le télétravail. Oublié le loyer exorbitant dans la métropole californienne. Walter et Sylvia ont déjà fait leurs valises. Direction : le Texas. Non pas, comme certains, pour des raisons idéologiques (comparé à la Californie et sa panoplie de réglementations environnementales, le Texas est le paradis des individualistes anti-impôts) mais parce que la famille a de quoi les reloger.

San Francisco n’est pas près de redevenir comme avant. Les « techies » ont envie d’espace et de grandes maisons. Plus rien ne les retient. Pourquoi rester dans une ville aussi chère quand on peut partir avec son ordinateur dans la Sierra Nevada ? A Hawaï ? Quand tout ce qui faisait l’attrait de la ville – les restaurants, les matchs de basket des Warriors – est fermé ou suspendu ?

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La pandémie a accéléré le mouvement – entamé depuis quelques années – de délocalisation de la « tech » dans les Etats de la région : le Nevada, où Reno est devenu un « hub » d’ingénierie, autour de l’usine Tesla ; l’Arizona et même l’Utah, à Salt Lake City. Au point de changer la sociologie de l’électorat dans nombre de circonscriptions, comme les républicains l’ont constaté à leur détriment dans les derniers cycles électoraux.

Le télétravail va s’incruster. Selon une étude de l’association patronale Bay Area Council, sur cent vingt-trois grandes entreprises de la région, 90 % d’entre elles pensent poursuivre le travail à distance lorsqu’elles rouvriront. 18 % comptent même avoir 100 % de leurs effectifs en WFH (ou « work from home », le nouveau sigle incontournable). Deux tiers pensent alterner équipes et horaires pour réduire le nombre de salariés présents en même temps dans les locaux.

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