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Trump réclame une part du gâteau pour le Trésor américain et suscite l’incrédulité

Le président américain estime qu’un pourcentage de l’éventuelle transaction entre la maison mère de TikTok et Microsoft doit revenir au Trésor américain. Une exigence inhabituelle et très critiquée.

Inhabituelle, l’exigence a suscité de vives critiques et un certain embarras aux Etats-Unis. Si Microsoft achète le réseau social TikTok au Chinois ByteDance, “une très grosse proportion du prix doit revenir au Trésor des Etats-Unis”, a répété mardi 4 août le président américain Donald Trump. Après avoir déclaré qu’il bannissait ce réseau social très populaire chez les jeunes, pour des raisons de “sécurité nationale”, et qu’il s’opposait à un rachat, Donald Trump s’est finalement déclaré favorable à une acquisition par Microsoft ou une autre société américaine, d’ici le 15 septembre au plus tard.

“J’ai dit à Microsoft que s’ils acquièrent juste la partie américaine de TikTok ou toute l’entreprise, c’est grâce à nous, parce que nous les laissons opérer ici. Donc les Etats-Unis devraient en bénéficier aussi, pas juste les vendeurs”, a-t-il développé pendant une conférence de presse. Une transaction qu’il a, de fait, rendue obligatoire, menaçant l’application d’interdiction totale si elle ne passait pas entre des mains américaines. Washington accuse en effet la plateforme d’espionner ses utilisateurs pour le compte de Pékin.

“C’est comme pour un propriétaire et un locataire : c’est le bail qui donne la valeur. Nous sommes le bail, en quelque sorte”, avait déjà expliqué Donald Trump lundi pour justifier sa position. “TikTok est un succès formidable. Mais une part importante de ce succès est dans ce pays”, a-t-il détaillé, estimant qu’il était “juste” que l’Etat reçoive une partie de la somme de la vente.

“C’est le genre de tactique mafieuse qu’on pourrait voir en Russie”, analyse pour l’AFP James Lewis, directeur des technologies au Center for Strategic and International Studies. “Je ne pense pas que ce soit constitutionnel.” La suggestion du président est “grossièrement inappropriée et n’a aucune base légale”, a commenté Bobby Chesney, un professeur de droit de l’université du Texas, spécialisé dans les questions constitutionnelles et de sécurité nationale.

L’ancien procureur Michael Bromwich a même assimilé la demande de Donald Trump à du racket, en référence à une loi fédérale sur les organisations criminelles, le Racketeer Influenced and Corrupt Organizations Act (RICO). “Quand l’extorsion et la corruption deviennent un art de vivre…” a-t-il tweeté lundi.

Microsoft, de son côté, semble avoir reçu le message cinq sur cinq. “Ils ont compris. Ils sont d’accord avec moi. Ils sont tout à fait d’accord avec moi”, a assuré Donald Trump mardi. Le patron du groupe, Satya Nadella, s’est entretenu dimanche avec le président pour le convaincre d’approuver les négociations, déjà bien avancées. Dans la foulée, Microsoft a publié un communiqué expliquant que l’acquisition serait soumise “à une évaluation complète de la sécurité et devrait apporter des bénéfices économiques aux Etats-Unis, y compris au Trésor américain”.

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