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Twitter entreprend de modérer Donald Trump

Le président américain Donald Trump lors d’une table ronde le 29 mai à Washington. ALEX BRANDON / AP

« When the looting starts, the shooting starts » (« Si les pillages commencent, les tirs commencent »). Employée par Donald Trump vendredi 29 mai à 1 h 53 du matin, alors que Minneapolis, dans le Minnesota, avait connu une troisième nuit de violences, la formule restera dans l’histoire des réseaux sociaux comme le premier tweet du président américain à avoir été réduit en visibilité par Twitter. Pour la première fois, Donald Trump a été soumis à une forme de modération.

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Sans retirer le message, la plate-forme l’a placé derrière un avis expliquant qu’il avait enfreint son code de conduite relatif à la « glorification de la violence ». Venu d’un particulier, le tweet aurait été supprimé. Emanant du président des Etats-Unis, Twitter y a laissé accès, conformément à sa politique de prendre en compte la dimension « d’intérêt public » que présentent les messages des chefs d’Etat ou de gouvernement. Pour le consulter, il fallait cliquer de nouveau, et il était impossible de le retweeter ou d’y répondre.

Un affront pour le président candidat

Un peu plus tard, M. Trump a fait reposter le même message, cette fois sur le compte officiel de la Maison Blanche. Sans émouvoir Twitter, qui l’a également masqué. Un affront caractérisé pour le président-candidat, qui se sert du réseau social pour communiquer directement avec ses 80,6 millions d’abonnés en court-circuitant les médias, le Congrès et sa propre administration.

La formule employée par M. Trump n’était pas plus outrancière que certaines de celles qui depuis trois ans lui ont valu des accusations de racisme ou de proximité avec l’extrême droite suprémaciste ou conspirationniste. Le président faisait référence aux violentes manifestations qui agitent Minneapolis – et maintenant d’autres villes du pays – depuis la mort de George Floyd, un vigile noir au chômage, pressé de longues minutes face contre terre, suffoquant sous le genou d’un policier blanc. « Ces VOYOUS déshonorent la mémoire de George Floyd, accuse le tweet. Je viens de parler au gouverneur Tim Walz et je lui ai dit que l’armée est entièrement avec lui. A la moindre difficulté, nous prendrons le contrôle mais, si les pillages commencent, les tirs commencent ». « Thank you », conclut-il sans préciser qui exactement il remercie.

La formule qui fait rimer « lootings » (pillages) et « shootings » (tirs) est très connotée. Selon les archives du New York Times, elle avait été employée par le chef de la police de Miami Walter Headley en 1967 pour menacer les « voyous » qui manifestaient pour les droits civiques. L’officier ne cachait pas qu’il lui était « égal » de voir ses agents « être accusés de brutalité policière ». Dans le contexte de Minneapolis, elle a été vue comme une invitation à la répression.

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