Friday , August 7 2020
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Un serveur informatique du site Internet de l’organisation « Distributed Denial of Secrets » saisi en Allemagne

Un serveur informatique de l’organisation Distributed Denial of Secrets (DDoS), rendue célèbre par la publication des « BlueLeaks », une grande quantité de données issues de deux cents agences de police américaines, a été saisi par les autorités allemandes.

L’annonce a été faite mardi 7 juillet par la cofondatrice et principale tenancière du site du site, Emma Best. Le serveur concerné servait au téléchargement des nombreux fichiers qu’héberge le portail, qui a repris depuis quelques mois le flambeau du site WikiLeaks en publiant de nombreux documents, issus principalement de fuites de données.

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Emma Best a aussi publié le court message reçu de l’entreprise à qui DDoS confiait l’hébergement de cette partie de son organisation. « Votre serveur a été confisqué », peut-on y lire, en anglais. « Jusqu’à maintenant, nous ne pouvions pas vous en informer », poursuit le message, qui précise que la demande émane du procureur de Zwickau, une ville du Land de Saxe, dans l’est du pays. Le site allemand spécialisé NetzPolitik note que DDoS recourt aux services d’une entreprise allemande, pour une partie au moins de l’hébergement de son site, qui dispose d’un centre de données près de cette ville.

« Le serveur n’avait aucun contact avec les sources »

Une incertitude demeure : cette saisine concerne-t-elle la publication des « BlueLeaks », ce qui signifierait que les autorités allemandes agissent dans le cadre d’une coopération avec leurs homologues américaines, et confirmerait donc une enquête lancée outre-Atlantique concernant cette fuite de données ? Rien ne permet de l’exclure, mais NetzPolitik rappelle que DDoS propose sur son site de télécharger plusieurs ensembles de documents concernant directement l’Allemagne : le contenu d’une vaste fuite de données qui a concerné de nombreuses personnalités allemandes de premier plan, dont plusieurs centaines d’hommes et de femmes politiques, de tous bords politiques (à l’exception de l’extrême droite). Une initiative venant de la justice allemande n’est donc pas totalement à exclure, pas plus qu’une procédure liée à l’une des nombreuses collections de documents proposés par le site.

Emma Best a tenu à rassurer ceux qui s’inquiétaient que la police allemande puisse, en ayant récupéré le serveur, savoir qui a consulté ou téléchargé des données, voire qui les a fournies. « Le serveur était utilisé seulement pour distribuer les données au public. Il n’avait aucun contact avec les sources. […] Nous ne gardons pas de logs d’accès [des traces permettant éventuellement de remonter vers les visiteurs du site] pour des raisons évidentes. Nous n’avons aucune raison de penser que des données ont été compromises par cette saisine » a-t-elle expliqué sur Twitter.

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Ce même réseau social avait supprimé le compte de l’organisation après la publication explosive, à la fin juin, de documents issus de la police américaine. Ces derniers, qui ont permis, notamment, de mieux comprendre l’approche de la police vis-à-vis de certaines manifestations antiracistes, contenaient également de nombreuses données personnelles sensibles.

« Ne vous inquiétez pas. J’ai préparé ça pendant des jours, des semaines, des mois. Cela allait arriver, et cela va continuer. Rien n’est terminé. Rien », a tweeté Emma Best. De fait, après avoir été brièvement inaccessible, DDoS semble désormais parfaitement fonctionnel.

Le Monde

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