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“Une reprise progressive” et “dans un premier temps sur la base du volontariat”, annonce la direction française

Frédéric Duval, directeur général d’Amazon France, nie sur franceinfo “une brouille entre Amazon et la France” après la décision de fermer ses entrepôts de distribution.

Le directeur général d’Amazon France, Frédéric Duval confirme mardi 19 mai sur franceinfo la réouverture des six sites français du géant de la vente en ligne, avec une “reprise progressive” du travail, “dans un premier temps sur la base du volontariat” pour les salariés après un mois de fermeture. Accusé de ne pas prendre assez de mesure pour garantir la sécurité de ses salariés en pleine crise sanitaire de coronavirus, l’entreprise s’était vue condamner à ne livrer que les produits essentiels pendant le confinement et le groupe avait alors choisi de fermer ses entrepôts de distribution : “Cette erreur manuelle nous exposait à des pénalités qui étaient de plusieurs milliards d’euros par semaine. Et donc, naturellement, nous ne pouvions pas continuer une activité qui nous exposait à des sommes qui sont totalement démesurées”, explique Frédéric Duval, niant “une brouille entre Amazon et la France“.

franceinfo : Cette réouverture de vos entrepôts marque-t-elle la fin de la brouille entre Amazon et la France ?

Frédéric Duval : Il n’y avait jamais eu de brouille entre Amazon et la France. Je vous confirme effectivement la réouverture de nos centres de distribution à partir d’aujourd’hui en France et c’est une excellente nouvelle pour nos collaborateurs qui vont retrouver le chemin de nos entrepôts, pour nos clients qui vont recevoir leurs produits plus rapidement et puis pour toutes les TPE et PME françaises qui s’appuient sur Amazon pour développer leur activité. Nous avons travaillé dans deux directions. La première, c’était d’organiser la consultation de nos instances sociales sur l’impact de la pandémie, ce que la Cour de Versailles nous a demandé de faire. Et la deuxième, c’est la poursuite de la livraison de nos clients en France et l’amélioration de l’expérience client en permanence. C’est une reprise partielle. C’est une reprise qui sera progressive et étalée durant trois semaines. Il est important, par exemple, d’accueillir les salariés par groupes restreints afin d’être en mesure de les reformer [car] en cinq semaines, on peut avoir oublié un certain nombre de choses. Nous allons reprendre sur trois semaines notre activité dans un premier temps sur la base du volontariat, sur la première semaine.

Ce sont les syndicats qui ont annoncé cette réouverture partielle. Les mêmes qui, pour certains, vous ont fait condamner par la justice le mois dernier en estimant qu’ils n’étaient pas assez protégés. Ont-ils gagné ?

Nous nous rejoignons autour d’un seul objectif, c’est celui de la sécurité de nos salariés. Or, depuis le début de la gestion de cette pandémie, nous n’avons pas changé la façon dont nous identifions les risques, dans la façon dont nous apportons des solutions. Nous avons depuis le début expliqué qu’il n’y a pas de mode d’emploi et que nous faisons évoluer nos process à mesure que les mesures sanitaires sont édictées par les agences de sécurité sanitaire. C’est comme ça que, par exemple, nous avons mis en place très rapidement une distanciation sociale de deux mètres. C’est comme ça que nous avons établi le port du masque obligatoire petit à petit, dans nos centres de distribution. C’est aussi d’ailleurs au travers de ce même processus que nous avons fait en sorte que la température soit prise sur l’ensemble de nos sites à l’entrée de nos salariés. Ce qui était par contre important, c’était de consulter nos instances sociales sur l’ensemble des mesures qui avaient été prises.

La justice ne vous avait pas demandé de fermer l’ensemble de vos entrepôts, mais simplement de vous concentrer sur la vente des produits essentiels. Vous avez préféré tout stopper en France. On a eu l’impression que c’était une sorte de chantage, de punition.

Non pas du tout. De fait, la justice a fermé nos centres de distribution. La justice nous a astreint à une pénalité de 100 000 euros en appel par infraction constatée. Or, dans nos centres de distribution, le taux d’erreur manuel, comme tout travail, est extrêmement faible, mais il existe et est de l’ordre de 0,1%. Cette erreur manuelle nous exposait à des pénalités qui étaient de plusieurs milliards d’euros par semaine. Et donc, naturellement, nous ne pouvions pas continuer une activité qui nous exposait à des sommes qui sont totalement démesurées. Et c’est cette raison, cette unique raison qui nous a fait nous arrêter, sinon, bien évidemment, nous aurions continué.

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