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une semaine dans le Facebook pro-Trump

Par Damien Leloup

Publié aujourd’hui à 05h35, mis à jour à 05h35

« Si vous pensez que Donald Trump ne peut pas être réélu en novembre, vous ne passez pas assez de temps sur Facebook. » Fin août, le journaliste du New York Times Kevin Roose publiait le résultat d’une longue analyse des contenus les plus populaires du réseau social dans son pays. Cette analyse se fondait sur « l’engagement » : une mesure un peu floue qui agrège toutes les interactions générées par un message (partage, commentaire, « like » par les utilisateurs), mais qui permet d’avoir un aperçu de sa visibilité et de son succès.

Pendant une semaine, du 11 au 18 septembre, Le Monde a scruté les posts Facebook les plus « engageants » aux Etats-Unis, où le réseau social reste très largement utilisé : au deuxième trimestre, 198 millions de comptes Facebook étaient actifs chaque jour en Amérique du Nord. Sans surprise, les sujets d’actualité et liés, de près ou de loin, à la politique américaine dominent largement ce classement, qui dessine un réseau social devenu plate-forme incontournable de diffusion d’opinions, d’informations ou de rumeurs plus ou moins engagées – que l’actuel locataire de la Maison Blanche, candidat à sa réélection, avait déjà su manier avec une grande efficacité en 2016.

En 2020, au jeu de l’engagement, il apparaît que la droite américaine sort encore largement victorieuse. Une quinzaine de pages pro-Trump dominent largement les posts Facebook les plus visibles et populaires ; en comparaison, seule une poignée de messages favorables aux thématiques du candidat démocrate, Joe Biden, parviennent à se faire une place.

Et si Facebook incarnait la vraie « majorité silencieuse », expression popularisée par l’ancien président républicain Ronald Reagan pour désigner les Américains qui ne vivent pas à New York ou à Los Angeles, n’ont pas l’oreille des grands médias, et sont, de l’avis des républicains, foncièrement conservateurs ?

Si l’engagement n’est pas une science exacte et ne peut permettre de prédire des résultats électoraux, l’analyse des contenus ayant le mieux fonctionné sur Facebook montre que Donald Trump y dispose d’une base solide de militants ultraradicalisés, jouant à fond la carte de la « viralité des émotions » permise par la plate-forme de Mark Zuckerberg.

Elites corrompues et complot pédophile

Vendredi 11 septembre, alors que l’Amérique se recueille en hommage aux victimes de l’attaque du World Trade Center, une majorité assez peu silencieuse d’utilisateurs de Facebook commente et partage les messages de Ben Shapiro. Animateur, journaliste, polémiste, M. Shapiro, 36 ans, a de multiples casquettes, dont celle de star incontestée du réseau social : sur les douze mois écoulés, ses messages ont recueilli 325 millions d’interactions. C’est certes moins que ceux de Donald Trump (plus de 500 millions) mais… plus que ceux de la chaîne CNN (207 millions).

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