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Visées par des incendies, les antennes-relais captent toutes les colères

Par Damien Leloup

Publié aujourd’hui à 01h55

Mais qui donc en veut autant aux antennes-relais ? Depuis le début du confinement, le 17 mars, au moins vingt-deux antennes-relais ont été partiellement ou totalement détruites, la plupart par des incendies volontaires – soit près du double du total des destructions pour l’ensemble de 2019, selon un décompte du Monde.

En France, selon les derniers chiffres de l’Agence nationale des fréquences, il existe en tout un peu plus de 46 000 sites actifs, pylônes hors des grandes agglomérations ou antennes « simples » sur les toits d’immeubles. Un même pylône peut être utilisé par plusieurs opérateurs, certains servent aussi à diffuser la télévision numérique terrestre (TNT) ou la radio. L’écrasante majorité des antennes-relais sont 4G : seules 490 antennes ont reçu une autorisation pour expérimenter la 5G, qui n’est pas encore proposée commercialement par les opérateurs.

Et si des antennes brûlent, les incendiaires se font discrets. Seule une infime minorité d’incendies ont été revendiqués. Trois d’entre eux l’ont été sur des sites Internet de l’ultragauche, ceux des 7 et 14 mai près de Toulouse, et celui de l’antenne de Jarrie (Isère) le 18 mai. Mi-avril, un rapport du Service central du renseignement territorial imputait d’autres incendies d’antennes-relais à des groupes anarchistes ou d’ultragauche, dans un contexte plus large d’actions ayant visé des symboles de l’Etat. Plusieurs sites anarcho-libertaires se sont régulièrement fait l’écho de ces sinistres, sans les revendiquer.

Causes présumées des incendies d’antennes-relais depuis le 15 mars

Source : Le Monde

Le 14 avril, l’antenne-relais de Foncine-Le-Haut, dans le Jura, est en partie incendiée par des jets de cocktails Molotov ; les suspicions se tournent vers l’ultragauche, d’autant que des engins de chantier ont également été visés juste avant dans une tourbière de la commune. Les incendiaires présumés ont laissé des traces ADN sur le site de l’antenne : le 27 mai, deux hommes sont placés en garde à vue, mais leur profil est très loin de celui de militants anarchistes chevronnés.

Théories fantasques

Ils ont indiqué lors de leur interrogatoire « ne pas être intéressés par la politique », précise au Monde Lionel Pascal, le procureur de la République de Lons-Le-Saunier ; aucun élément les rapprochant de groupes politiques n’a été découvert lors des perquisitions. L’un des deux hommes, qui se décrit comme « complotiste », nie les faits ; le deuxième a reconnu avoir incendié l’antenne-relais parce qu’il voulait « passer à l’action et détruire ce qu’il estimait être en lien avec la 5G ». Il a également visé les engins de chantier, utilisés pour la restauration d’une tourbière, car il estimait que ces travaux étaient « néfastes à l’environnement et dissimulaient en réalité l’installation d’un réseau 5G ».

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